_PS_LOGOL'Europe s'invite à la table des Présidentielles et c'est heureux ! Le dossier EADS rappelle en effet à point nommé que la coopération franco-allemande constitue bien le moteur d'une Europe qui travaille, construit et se protège. De même, l'entrevue entre Ségolène Royal et Angela Merkel met en lumière les responsabilités et les atermoiements du Gouvernement français.

En la matière, il ne faut d'ailleurs pas confondre trou d'air et trou de mémoire. Si les airbus traversent les premiers, le Ministre de l'Intérieur affectionne les seconds. Du moins dispose-t-il d'une mémoire sélective pour réécrire les pages du feuilleton EADS. Et là, il ne manque pas…d'air !

Pourtant, dans ce domaine comme dans bien d'autres, il ne peut s'affranchir de ses responsabilités ; y compris des conséquences de nominations politiques et du désengagement d'actionnaires amis.

Est-ce, en effet, le seul hasard qui fait que dans « Power 8 » se retrouvent mêlés les noms des personnalités mises en cause dans l'affaire Clearstream ?

Les querelles d'intérêts des uns, les guerres d'influence des autres et la volonté de tous de soutenir tel ou tel leader UMP apparaissent en filigrane de ce qui ne devrait être que de la bonne ou, plutôt ici, de la mauvaise gouvernance.

Lorsque Ségolène Royal propose une recapitalisation de l'Etat et, compte-tenu du nombre important des sous-traitants menacés, aux régions d'entrer symboliquement au capital ; Nicolas Sarkozy estime, lui, que l'Etat n'a pas à se mêler de ce dossier.

Deux jours plus tard, porté par les circonstances, il fait machine arrière.

Mis en difficulté, il tente alors de faire oublier sa volte-face en revenant sur l'immigration puis sur la « nécessité » d'aider le candidat du FN à obtenir ses signatures, avant de se laisser aller à un flirt poussé avec l'extrême droite.

Là comme ailleurs, l'ancien Ministre de l'Economie et des Finances ne peut dissimuler qu'il est bien le champion de la Nouvelle droite, cynique et agressive. Ni qu'en 2002, EADS était unanimement considéré comme « un fleuron, une réussite, un succès commercial et industriel ».

Il est vrai qu'à cette époque, le Premier Ministre et le Ministre de l'Economie étaient …socialistes !

Le rappeler est un devoir de…mémoire !