L'association « Souvenir de mai 40 » qu'anime Jacques Raguet tenait samedi son assemblée générale. Au-delà du bilan d'activités et des manifestations patriotiques, le Président accueillait Pierre Delabre.
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Avec Jean-Jacques Thomas, l'ancien Maire d'Effry a, en effet, œuvré à l'édification d'une autre stèle: celle à la mémoire des huit cents victimes de l'ossuaire d'Effry.

Lors de la première guerre mondiale, dans les régions d'invasion, les viols, les massacres d'otages (5 500 civils belges furent exécutés en deux mois), les destructions de villes (Louvain et sa bibliothèque) et de villages sont connus. La présence à Effry d'un camp dans ce qui était considéré comme un hôpital le sont moins. Pourtant, les victimes de ce camp sont à rapprocher de l'univers concentrationnaire du conflit mondial qui suivra.

Dans les régions occupées, le travail forcé, les otages et les déportations de femmes furent une constante. Le phénomène concentrationnaire s'y développa dans des camps de prisonniers militaires, civils, internés ou déportés du travail. Dans ces espaces fermés, brimades, cruauté et représailles expliquent le nombre élevé de décès.

Le lazaret d'Effry s'inscrit donc dans une longue histoire d'une invention propre au XXe siècle, et que ce siècle a porté à son paroxysme : celle des « camps ».

Après le rappel objectif des faits de Pierre Delabre, Jean-Jacques Thomas a souhaité élargir le débat au contexte historique et politique de l'époque en soulignant que la France avait toujours éprouvé les plus grandes difficultés à faire de deuil de ses guerres.

Tout comme il souligna que les prisonniers de guerre russes et roumains, les « brassards rouges » français et belges des bataillons de travailleurs civils enrôlés par l'occupant allemand n'avaient pas choisi de mourir à Effry.
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En donnant ainsi l'occasion de réfléchir sur cette page de l'Histoire locale, le « Souvenir de mai 40 » offre donc un éclairage essentiel avec également des documents méconnus comme la présence à Hirson du futur Maréchal Pétain (notre photo).