13 avril 2007
CES OUVRIERS DES CHANTIERS D'INSERTION QUI DONNENT EN MÊME TEMPS QU'ILS RETROUVENT LA VIE.

Le musée de la vie rurale de Saint-Michel ressemble au château de la Belle au bois dormant. Non pas qu'il faille attendre un quelconque Prince charmant, mais les 13 000 pièces de collection enfouies sous les décombres d'une ancienne ferme, dans les caves ou plus simplement sous la poussière, semblaient plongées dans le coma ethnographique le plus profond.
Pourtant outre leur valeur, ces objets du quotidien constituent une mine culturelle et touristique pour qui saura leur rendre la vie.

Et paradoxalement, Jean-François Lacomblez, donateur et ancien conservateur de musée, Jean-Jacques Thomas, Président de la Commission Locale d'insertion ; et Paul Cherdon, Maire de Saint-Michel ont choisi une douzaine d'hommes et de femmes sans emploi pour sauver autant ce patrimoine rural que pour rebondir professionnellement.
Une façon originale de relier passé et avenir :
« Cette opération, explique Jean-Jacques Thomas, est symbolique. Elle démontre bien sûr que la Thiérache dispose d'un passé riche. Il restait à lui redonner vie pour le présenter et attirer des touristes.

Par ailleurs, en faisant prendre conscience à des personnes à la recherche d'emploi des potentialités de la région, c'est finalement leur redonner confiance dans leur région et en eux-mêmes. »
Du reste, avant même d'engager les travaux de sauvetage, de répertorier, de classer les pièces, de retrouver leur appartenance et leur histoire, les stagiaires se sont rendu à Saint-Riquier dans la Somme pour découvrir la valorisation d'une abbaye qui, selon, eux dispose de moins d'atouts.

Aujourd'hui, ils s'attachent, ici, à remettre en état un tracteur, là, une batteuse ou encore à réparer un véhicule de 1917 qui sera utilisé pour les commémorations de l'armistice et à soigneusement préserver toutes les pièces, des plus petites aux plus grandes.
A partir de là, des expositions temporaires sur des thèmes seront organisées dans ce musée que Jean-François Lacomblez compare à un centre culturel de la ruralité et des métiers.
Valoriser le site sur les enjeux de la modernité, voilà pour lui l'enjeu.
« Lire l'évolution du paysage thiérachien, poursuit Jean-François Lacomblez, est nécessaire à partir, par exemple, des voies de communication, des sentiers préhistoriques aux voies romaines et royales jusqu'aux autoroutes nous permettrait de présenter des chariots, tous les moyens de transports jusqu'aux marteaux à casser les cailloux ».

Quant aux stagiaires, l'objectif premier demeure la réinsertion professionnelle. Plusieurs disposent déjà de contacts sérieux. D'autres s'engagent dans des formations qualifiantes.
« L'expérience est formidable, enrichissante pour chacun ajoute Jean-François Lacomblez. Je suis étonné par les facultés de compréhension de ces ouvriers. Chaque jour, par l'intelligence de leur geste et de leur travail, je découvre que ce sont des professionnels.
Si certaines machines sont en panne, eux ne le sont pas. »
Comme quoi, un musée n'est pas forcément un lieu mort. L'exemple de ce chantier d'insertion qui se poursuivra après l'été prouve qu'un nouveau départ est possible ; qu'à partir d'objets inanimés une nouvelle vie est envisageable !
