_PS_LOGOBien sûr, le Grenelle de l'environnement est porteur de propositions salutaires pour la planète, mais depuis son élection, Nicolas Sarkozy est passé maître dans l'art de la mise en scène et de l'annonce. Reste maintenant à concrétiser les vœux.

Pour l'heure, en effet, les résultats sont loin d'être au rendez-vous des engagements. Du reste, la grogne cède maintenant la place aux interrogations. Y compris dans les rangs de la majorité. Dans plusieurs domaines sensibles, la politique par la preuve tant vantée fait même long feu et plusieurs projets présidentiels connaissent de réels problèmes au décollage.

Dès lors, des voix s'élèvent et le mouvement social du 18 octobre témoigne d'une évolution de l'opinion. Le taux de grévistes à la RATP et surtout à la SNCF traduit une mobilisation, sans précédent depuis Alain Juppé et le mouvement de l'automne 95.

Dans le même temps, il est démontré que la réforme des régimes spéciaux ne règlera pas celle des retraites. A peine entré en vigueur, le dispositif d'exonération d'impôt sur le revenu et de cotisations sociales sur les heures supplémentaires fait déjà mentir l'engagement de Nicolas Sarkozy de privilégier le pouvoir d'achat.

Une majorité de salariés vient de comprendre qu'elle sera totalement exclue du dispositif, soit parce que leur entreprise ne propose pas d'heures supplémentaires, soit parce que leur temps de travail est modulé sur le mois ou annualisé.

De plus, le dispositif s'avère tellement complexe que les entrepreneurs eux-mêmes peinent à le mettre en oeuvre. La simplification ressemble de plus en plus à une usine à gaz, mais déjà chacun comprend qui paiera la facture.

Les élus locaux de tous bords vont devoir compenser des transferts de charge de plus en plus importants en même temps que les dotations d'Etat se réduisent comme peau de chagrin. Les services publics de la santé ou de la justice disparaissent. Volontairement, le Gouvernement se prive de moyens financiers pour mieux faire retomber le poids financier de ses réformes sur les collectivités locales.

Après le « travailler plus pour gagner plus », voilà maintenant une nouvelle maxime : « penser global, payer local ».