_PS_LOGOLa loi « Pécresse », du nom de l'actuelle Ministre de l'Enseignement supérieur, sur l'autonomie des Facultés a été votée en août, en plein état de grâce et loin de la période scolaire. A l'époque, elle avait, certes, suscité des réactions. Rien à voir cependant avec les occupations de la semaine ou les grèves engagées dans une trentaine universités. Alors pourquoi maintenant ?

Au moment où les Français viennent de placer leur pouvoir d'achat avant toutes autres préoccupations, avant la santé ou la sécurité, les enfants de ces familles de plus en plus inquiètes sur les moyens qui seront octroyés à l'enseignement supérieur craignent que lier une partie du budget des facs au bon vouloir du privé laisse présager certaines dérives

Il leur a d'ailleurs suffi de vérifier dans d'autres pays européens les conséquences de la loi française pour comprendre que, chaque fois, la sélection fut renforcée et que l'augmentation des droits d'inscription opère une seconde exclusion pour les revenus les plus modestes.

Déjà limités, les revenus familiaux ne suffiront plus à financer leurs études. Plus responsable qu'on l'imagine, cette génération, souvent contrainte d'occuper des petits boulots pour financer leur scolarité et leur logement, refuse d'être un fardeau autant qu'elle réfute avec force l'injustice et une société où le mérite serait d'abord celui des parents ayant réussi.

En cela, la fronde des étudiants rejoint celle de nombre de salariés et de laissés-pour-compte en proie aux mêmes difficultés, à la même érosion de leur pouvoir d'achat, donc aux mêmes doutes quant à leur avenir.

Aussi, vouloir résumer le mouvement du 20 novembre à des intérêts corporatistes ou l'expliquer par des arrière-pensées politiques serait forcément réducteur.

Par contre, faire du passage en force une politique, imposer les textes de lois, réduire le Parlement à une chambre d'enregistrement contribuent à remplacer un dialogue social inexistant par un rapport de force obligé.

La loi « Pécresse » n'est donc finalement que le catalyseur d'une inquiétude de plus en plus partagée face à un avenir de plus en plus bouché. De l'étudiant au retraité.