_PS_LOGOL'annonce faite, confirmée puis finalement démentie de la suppression de la carte « famille » est révélatrice de l'état d'esprit d'un Gouvernement plombé par une croissance amorphe et par les choix inopérants de l'été. Certes, Bercy a un urgent besoin de trouver des économies. Même Nicolas Sarkozy n'a pas dit autre chose le 4 avril avant que sur le dossier SNCF ses ministres n'embrayent dans une assourdissante cacophonie puis que l'Elysée, contraint et forcée, ne fasse machine arrière. A cette occasion, l'Etat a même feint de découvrir que cet avantage instauré lui coûte 70 millions d'euros pour ne bénéficier qu'à 650 000 familles, oubliant du même coup que pour ces foyers, voyager constitue souvent un luxe et les vacances en train, un rêve jusqu'alors accessible. Bien sûr, l'équilibre des comptes, à la SNCF comme ailleurs, doit être recherché. Simplement convient-il d'éviter que les efforts soient systématiquement fournis par les catégories sociales les plus exposées : les plus modestes autant que les couches moyennes. La nouvelle hausse programmée du gaz s'ajoute, en effet, à l'augmentation du début d'année, soit une facture supplémentaire de 10%, plombant encore le pouvoir d'achat de 11 millions de Français, chez les plus pauvres desquels le budget énergie a augmenté de 5% en 5 ans. Aujourd'ui encore - mais ce n'est pas la première fois - le Gouvernement promet un tarif social. Comme il avait d'ailleurs promis que l'ouverture du capital d'EDF-GDF ne se traduirait pas par une augmentation … du tarif. Plombé également le Revenu de Solidarité Active, défendu par Martin Hirsch, et sensé ne pas pénaliser les allocataires du RMI reprenant un travail. Le Président de la République estime trop onéreux le R.S.A. Il sera donc réduit en fonction des disponibilités budgétaires de l'Etat. C'est dire ! Pourtant, dans le même temps, le même Nicolas Sarkozy prévoit un (énième) texte pour sanctionner les demandeurs d'emploi qui refuseront deux propositions de travail. Voilà donc ressorti l'épouvantail du chômeur-tricheur, du pauvre - bouc émissaire. Histoire de plomber un peu plus une cohésion nationale dont le Président de la République est pourtant le garant.