Concours_National_de_135A44
589 copies et un intérêt chaque année réaffirmée avec une participation en hausse, le concours national de la Résistance et de la déportation demeure pour les collégiens et les lycéens l'occasion de vivre l'Histoire autrement et surtout de la partager avec les survivants des camps.

La remise des prix organisée dans les salons de la Préfecture en présence de Stéphane Fratacci, Préfet ; de Jean-Jacques Thomas, de Michelle Tourbe, Secrétaire générale de l'Inspection Académique ; de Mathieu Blond, Directeur de l'ONAC ; et des Responsables d'associations départementales d'Anciens combattants a ainsi permis au 1er Vice-Président du Conseil général de développer le thème sur lequel ont planché les jeunes axonais :
Concours_National_de_135A43
« Avec en sous-titre, une forme de résistance le sujet de cette année conduisait à réfléchir à une question philosophique, dans le sens où elle invite à s'interroger sur les rapports entre l'homme et le monde. Où commence la Résistance ? A partir de quel acte entre-t-on en résistance ?

Bien sûr, il y eut les rafles. Il y eut en France l'ignoble fichier juif. Il y eut la stigmatisation d'une minorité par l'étoile jaune, mais il y eut aussi des Français qui ont limité les effets de la politique raciale de l'occupant et de la France de Vichy. Il y eut cette « solidarité agissante » dont parle Serge Klarsfeld pour aider ceux que la déportation guettait. Il y eut aussi des Résistants qui ne combattaient pas dans les maquis, qui ne montaient pas des embuscades avec leurs mitraillettes « Sten ».
Concours_National_de_135A45
Résister, c'est avant tout dire non expliqua encore Jean-Jacques Thomas. « C'est d'abord dire non à ce qui n'est pas acceptable du point de vue de la dignité, de la liberté et de la fraternité. Résister, c'est être toujours en état de vigilance contre la décision arbitraire, contre la force érigée en droit, contre la haine de l'autre et l'intolérance.

Résister pendant la Seconde Guerre mondiale, ce n'était pas seulement refuser l'occupation étrangère, comme cela avait été le cas pour les habitants de Laon, d'Hirson ou de Saint-Quentin en 1914-1918. En 1939-1945, c'était aussi refuser les idées apportées par l'occupant, sa haine de la démocratie et son racisme d'Etat ».
Concours_National_de_135A29
Sur un thème qui lui est cher, le 1er Vice-Président du Conseil général insista sur le fait que les premières victimes du nazisme étaient des citoyens allemands. De poursuivre : « Il ne faut jamais oublier que les premiers camps de concentration, ces camps aux noms devenus si tristement célèbres : Buchenwald, Dachau, Sachsenhausen… ont été ouverts dès la fin du mois de février 1933, c'est-à-dire un mois seulement après l'arrivée d'Adolf Hitler au poste de chancelier ! »

Et Jean-Jacques Thomas de citer Martin Niemöller ce pasteur protestant, ancien combattant de la guerre de 14-18. Il avait été de ceux qui avaient voté pour Hitler et les nazis en 1933. Mais ses illusions ont vite disparu quand il a vu le sort qui était fait aux juifs en Allemagne.

Alors il a créé un mouvement de défense des pasteurs allemands et dans ses sermons et dans ses écrits, il appelait à protester contre la politique raciste de l'Allemagne nazie. En 1937, il lui a été interdit de prononcer des sermons : il a été arrêté et envoyé au camp de Sachsenhausen, puis en 1941 au camp de Dachau. En 1945, il a donc été libéré par l'arrivée des troupes alliées.
Concours_National_de_135A47
Mort en 1984, à 88 ans, il a laissé un court texte qui résume parfaitement ce que fut la dictature nazie : « Lorsque les nazis sont venus chercher les communistes, je me suis tu : je n'étais pas communiste. Lorsqu'ils sont venus chercher les syndicalistes, je me suis tu : je n'étais pas syndicaliste. Lorsqu'ils sont venus chercher les socialistes, je me suis tu : je n'étais pas socialiste. Lorsqu'ils sont venus chercher les juifs, je me suis tu : je n'étais pas juif. Puis ils sont venus me chercher, et il n'y avait plus personne pour protester. »

Avant de remettre les prix aux lauréats dont deux des collèges Cobast et Savart, l'élu hirsonnais s'adressa à eux : « Vous, les lauréats 2008 du concours départemental de la Résistance et de la Déportation, souvenez-vous toujours du thème de vos recherches. Et restez vigilants pour éviter d'avoir un jour à exprimer les mêmes regrets que le pasteur Niemöller : « … Puis ils sont venus me chercher, et il n'y avait plus personne pour protester. »