_PS_LOGODécidément, si les trente-cinq heures n'existaient pas, il conviendrait de les inventer ne serait-ce que pour offrir au Président de la République un bouc émissaire à ses échecs économiques et créer un éternel abcès de fixation afin de détourner l'attention des Français sur des maux qui lui sont imputables.

Pourtant dans le cadre d'un accord majoritaire, jamais, les organisations syndicales n'avaient accepté autant de flexibilité. Même la Présidente du Medef, Laurence Parisot vient d'exhorter le Gouvernement à respecter ses engagements contenus dans ce qui apparaissait comme une modernisation du dialogue social. Engagements du reste loués par le Chef de l'Etat lui-même.

En déplaçant le débat sur la nécessité ou non de maintenir du temps de travail tout en rappelant de manière hypocrite l'intérêt de son encadrement, les Ministres concernés et, notamment, celui du Travail, cèdent finalement au dictat de l'UMP et de son Secrétaire général. Comme d'autres voulaient en finir avec mai 68, Patrick Devedjian veut exorciser le code du travail ou du moins ce qu'il en reste.

Voilà pourquoi le Gouvernement n'hésite pas à prendre le risque d'affronter des syndicats qui dans le cas présent parlent de défi et de provocation.

Oui, mais voilà, la guerre des chefs au sommet de l'Etat, la concurrence entre ministres quant à la succession de François Fillon et la nécessité de calmer la fronde des députés de la majorité expliquent ce reniement. Paris vaut bien une messe !

Simplement pour satisfaire les siens, le Président de la République et le Premier Ministre viennent de renier la parole donnée et de mettre en doute celle de l'Etat. Pour régler un contentieux interne, tous deux se discréditent un peu plus vis-à-vis de partenaires sociaux déjà échaudés.

Que vaudra désormais un accord signé puisqu'il peut aussitôt être remis en cause par le Gouvernement ? Quelle importance désormais donner à la signature d'un Ministre ?

Nicolas Sarkozy voulait s'affranchir du passé, rompre avec les habitudes. Finalement, tout porte à croire qu'à l'Etat RPR, il ne fait que substituer l'Etat UMP.