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Alors que la Chambre américaine des Représentants a finalement approuvé le plan Paulson, la France entre en récession. La publication par l'Insee des nouvelles prévisions de croissance accrédite donc une nouvelle baisse du PIB. Bien sûr, le Gouvernement s'en défend. De manière moins catégorique cependant.

Ainsi, du bout des lèvres, Eric Woerth, le Ministre du budget, parle maintenant de « récession technique » alors qu'à l'automne 2007, Nicolas Sarkozy refusait jusqu'à l'idée même de crise, tablant sur une croissance de 2,25 %. Aujourd'hui, il n'est même pas sûr qu'elle atteigne 1%.

Après la baisse de leur pouvoir d'achat, les Français vont maintenant subir de plein fouet la perte annoncée de 52.000 emplois sur la seconde moitié de l'année avec un chômage en progression à 7,4%. L'occasion est donc propice pour le Président de la République de se dédouaner et ainsi de justifier ses propres échecs.

La hausse du chômage en France est antérieure à la seconde crise américaine. L'appel d'air créé par les heures supplémentaires défiscalisées et la réduction des emplois aidés dans le pire contexte sont de la seule responsabilité gouvernementale.

Spécialiste de la défausse, Nicolas Sarkozy voit dans les turbulences actuelles l'occasion de justifier ses renoncements en matière de pouvoir d'achat et de plein emploi. Avec les mutuelles, les retraites et l'audiovisuel, les prélèvements connaissent de nouvelles augmentations tandis qu'en protégeant les plus riches, le bouclier fiscal les incitait à la spéculation.

Le chômage augmente ? Il réduit les emplois aidés, privatise la Poste et démantèle la fonction publique. Les entreprises du bâtiment sont fragilisées ? Il diminue les crédits au logement. La croissance est en panne ? Alors qu'elle génère 73 % de l'investissement français, il restreint les marges de manœuvres des collectivités territoriales !

Faut-il rappeler qu'en 1998, au plus fort de la crise asiatique, la France créait 400 000 emplois et les revenus des ménages progressaient de 3 %. 1998 ? Il est vrai sous un gouvernement de Gauche !

La preuve est là : Nicolas Sarkozy n'aura donc fait qu'ajouter de la crise à la crise.