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En cette période de commémoration du 90e anniversaire de l'armistice de 1918, l'Assemblée générale du Comité de l'Ossuaire d'Effry retentissait d'un écho particulier. En effet, si le voile se lève peu à peu sur le Chemin des Dames, sur l'offensive du général Nivelle, les mutineries de 1917 ou les Fusillés pour l'exemple, nombre de zones d'ombre demeurent.

Le Lazaret d'Effry figure parmi ces événements méconnus de la première guerre mondiale au même titre que les mines de fer de Longwy, le bagne de Sedan ou les Crassiers de la Chiers à Mont Saint Martin.

En effet, la vie, l'organisation et surtout la finalité des camps où étaient entassés les Bataillons de travailleurs civils restent méconnues. Hôpital destiné à recueillir les malades, Effry est très rapidement devenu un mouroir où dans un immense hangar de 900 m2 survivent autour de deux poêles entre 1 400 et 1 600 personnes.
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La réunion annuelle du Comité que préside Pierre Delabre fut d'ailleurs l'occasion de revenir sur les 688 morts du lazaret, tous survenus en 1917, notamment neuf enfants et douze civils.

Cependant, comme le rappelle le Directeur de l'ONAC dans l'opuscule qu'il a consacré à ces événements, qu'ils soient Thiérachiens prélevés dans une kommandantur ou travailleurs des ZAB, « les deux statuts se confondent et les différences s'estompent ».

Aujourd'hui, sur un peu plus de 1 000 m2, la nécropole d'Effry abrite les corps de 305 Russes, 215 Belges, 137 Français, 23 Roumains et 1 Italien. Le 14 mai, jour de l'inauguration du monument rénové, est devenu la date d'une commémoration officielle afin que ces martyrs ne restent pas autant de soldats inconnus.