_PS_LOGOOn est souvent trahi par les siens. Même si, Dominique de Villepin ne s'est jamais présenté en défenseur de l'actuel président, son dernier réquisitoire rompt avec bien des commentaires laudatifs. Règlement de compte sur fond d'affaire Clearstream ? Sans aucun doute.

Cependant, ses critiques reflètent aujourd'hui un constat majoritairement dressé lorsqu'il dénonce l'incapacité de Nicolas Sarkozy à hiérarchiser les problèmes, à se consacrer à l'essentiel et « pas un Président touche à tout, qui ne répond pas aux questions des Français, pas plus d'ailleurs que des journalistes ». On ne peut être plus clair.

Pour acerbe, la critique n'est pas cependant dénuée de vérité. Tant Nicolas Sarkozy multiplie les interventions souvent éloignées des priorités du moment. Face aux plans sociaux qui se succèdent, la suppression du juge d'instruction répondait-elle à une urgente obligation ? Le redécoupage électoral s'impose-t-il aujourd'hui plus qu'hier ? Y a-t-il urgence à faire voter une loi sur l'audiovisuel, à supprimer la publicité, hormis, bien sûr, à répondre aux attentes des amis du Président ?

Parmi les reproches formulés par Dominique de Villepin, la multiplication des réformes concentre, en effet, la majorité des attaques : « il ne suffit pas, dit-il, de passer d'un sujet à l'autre, d'une image à l'autre ». « D'ajouter, plus précis encore, le Président devrait se rendre compte qu'il ne suffit pas de regarder la superficie des choses, mais qu'il faut traiter les questions en profondeur ».

Ainsi, la présentation des vœux de Nicolas Sarkozy à Strasbourg est loin de répondre aux attentes, aux enjeux sociaux et sanitaires du moment. Et ce n'est pas en limitant le temps de parole de l'opposition au Parlement que la politique de relance produira des effets plus rapides.

Et là encore, l'ancien Premier Ministre n'est pas tendre sur des mesures dont il estime les « effets trop lents » et « avoir peu d'incidence sur l'emploi ». Quant aux quinze milliards du paquet fiscal, ils sont tout simplement qualifiés de « fardeau d'initiatives idéologiques ».

Après les vœux, pour Nicolas Sarkozy arrive le temps des étrennes !