EFFRY_8_MAI_2010_JJTA Effry, comme l’a rappelé Jean-Jacques Thomas, Jean-Claude Molinaro aime rattacher la petite et la grande Histoire. Du reste, la première éclaire souvent la seconde d’une lumière, certes, particulière, mais toujours instructive. Devant la stèle commémorative, le Maire et le Conseiller général rappelèrent d’ailleurs combien il était important « d’étouffer dans l’œuf les velléités de sectarisme, d’extrémisme érigées en doctrine ou en système ». 

Cependant, lors de la commémoration du 8 mai, Jean-Claude Molinaro a également tenu à sortir des sentiers battus pour dépasser les images traditionnelles de la Libération et les scènes de joie populaire pour évoquer l’épuration et, plus particulièrement, les tontes de « collaboratrices », pratiques tristement répandue sur l'ensemble du territoire. Si certaines intervinrent de manière spontanée, d’autres furent instrumentalisées et même prévues bien avant leur organisation.EFFRY_8_MAI_2010_discours_JCl_MOLINARO

« A la faveur des mouvements de foule, expliqua donc Jean-Claude Molinaro, la joie, le désir de vengeance et les règlements de compte se mêlent. La population animée par des Résistants, bien souvent de la dernière heure, s’en prennent alors aux collaborateurs ou considérés comme tels. Cette épuration, appelé extrajudiciaire, prend dans certaines régions des allures de guerre civile. (…) Les femmes tondues, elles, sont accusées de « collaboration horizontale », fait non incriminé dans le code pénal ».

« Cette cérémonie, explique encore Jean-Claude Molinaro, sert alors d’exutoire pour une population humiliée et frustrée pendant quatre ans. C’est une façon de concrétiser la reconquête du corps de la femme et des territoires à travers le cortège qui promène les femmes tondues dans les rues et les chemins du village ». 

FEMME_TONDUE

(Photo d'archives)

Avec courage, le Maire s’est publiquement interrogé. « Pourquoi je vous parle de cela ? C’est qu’à Effry, comme dans beaucoup d’autres communes, des femmes ont été tondues, promenées, humiliées et que, longtemps après, on chuchotait encore, en cas de désaccord, de conflit de voisinage, « elle a été tondue ! ». Oui, Effry, a vécu ces événements de la guerre et de la Libération avec autant de courage et de faiblesse que les autres. La nature humaine est ainsi faite ».