CONGRÈS DE REIMS 08 JJT main levée

Depuis 2002, et plus encore depuis 2007, la France est blessée, divisée, affaiblie. Son pacte républicain et social est violemment attaqué : atteintes contre la séparation des pouvoirs, mépris de la laïcité, acharnement contre l’école, augmentation des inégalités. Pour la plupart des Français, la vie est de plus en plus difficile. Seuls les très riches, encouragés par des cadeaux fiscaux sans précédent, ont vu leur situation s’améliorer au cours de la dernière décennie. Pour les couches les plus fragiles, personnes âgées aux faibles ressources, jeunesses, catégories populaires et moyennes, tout est devenu problème et anxiété : travail, santé, logement. Les promesses faites par Nicolas Sarkozy ont été trahies : sur le pouvoir d’achat, sur la sécurité, sur la propriété pour tous, sur la République irréprochable. La dette, elle, a explosé, laissant le pays désemparé devant l’avenir.

Face à cette situation, c’est le devoir des républicains et des progressistes de mesurer leur responsabilité et de proposer un autre chemin. Nous devons à la fois résoudre la crise de l’avenir qui ronge notre pays et refonder notre République dans la force de ses valeurs. Dans cette perspective, le projet du Parti socialiste, élaboré par tous les dirigeants et voté par tous les militants, a marqué un chemin responsable et audacieux.

RÉUSSIR LES PRIMAIRES

Le 28 juin s’est ouvert le calendrier des primaires avec le dépôt des candidatures. Nous nous sommes battus pour cette grande avancée démocratique. C’est là un immense progrès, qui permettra aux citoyens de choisir leur candidat ou leur candidate, et donc d’accroître leur responsabilité, leur participation et leur pouvoir. Si, comme le disait Jaurès, le socialisme doit être la démocratie jusqu’au bout, alors c’est là une réforme qui s’inscrit dans nos principes. Mais chacun mesure bien aussi que la réussite de cette grande avancée suppose de s’y préparer avec ordre, responsabilité, hauteur. Nous nous sommes battus pour les primaires. Notre combat est maintenant de les réussir.

Une avalanche de sondages, parfois plusieurs par jour, une avalanche de papiers va vouloir opposer des Socialistes à des Socialistes. L’égarement de certains entourages, ravis de pouvoir trouver leur nom dans la presse en répondant aux sollicitations, peut nous coûter cher. C’est pourquoi les militants socialistes doivent se fixer un devoir de responsabilité. La démocratie, ce sont des procédures, mais ce sont aussi des mœurs et un esprit.

CN 05 PS Peillon

EN OCTOBRE, TOUS LES SOCIALISTES SOUTIENDRONT LE MÊME CANDIDAT.

Les primaires ne sont pas un congrès. Il appartient aux militants socialistes et aux responsables de permettre un grand débat politique pour les Français et d’en garantir la tenue. Il ne leur appartient ni de le confisquer, ni de l’instrumentaliser. Après le vote d'octobre, tous les Socialistes soutiendront le même ou la même candidate : ne le perdons jamais de vue, et travaillons en permanence avec cette perspective, celle de donner de la force à celui ou à celle qui aura été choisi pour lui permettre de remporter la victoire. C’est la seule perspective qui importe.

Cela suppose un certain nombre de conditions. D’abord le respect du calendrier. Ensuite, l’organisation des procédures. Enfin, le respect des candidats, de tous. Il faudra aussi veiller à préserver un esprit de fraternité et de camaraderie. Tel est l'état d'esprit qui nous a guidé jusqu'ici, tel est celui que nous allons faire vivre jusqu'à la fin du processus. Chacun comprend que les Primaires sont le premier acte de la bataille présidentielle : des Primaires réussies constitueront une chance supplémentaire de victoire en 2012.

FRANÇOIS HOLLANDE, MAIS PAS CONTRE TELLE OU TEL.

Pour notre sensibilité, le moment est venu de choisir : non pas contre telle ou tel. Ségolène Royal et Manuel Valls sont issus de notre motion. Martine Aubry et Arnaud Montebourg sont nos amis et nos camarades. Nous les respectons, nous les saluons et nous leur souhaitons une belle campagne, dans la volonté de les retrouver très vite, et dans celle aussi de ne jamais perdre avec eux tout au long de ces deux mois et demi le lien et la complicité de l'amitié, du respect, des valeurs et des combats partagés.

Notre identité, chacun la connaît : rénovation du Parti socialiste, reconquête des couches populaires et de la jeunesse, reconnaissance de la France dans sa diversité, justice sociale, efficacité économique, transition écologique, stratégie de rassemblement assumée, modernité des pratiques politiques et des comportements, cohérence des discours et des actes. Ces idées ont progressé dans le Parti socialiste. Elles ont, aussi,  progressé dans le pays. Désormais notre seul objectif doit être de permettre que la Gauche puisse gouverner à nouveau. Dans cette perspective, nous avons considéré que la démarche de François Hollande était la plus cohérente et la plus capable de rassembler notre famille d'idées pour la conduire jusqu'à la victoire.