HIRSON DEPORTATION 2013 garde à vous

« S’agissant de la Déportation et des responsabilités partagées, soixante-huit ans plus tard, il est toujours aussi difficile d’éclairer les faits. Déjà, continua Jean-Jacques Thomas devant le monument qu’il venait de fleurir en compagnie des Représentants de la Gendarmerie nationale et mobile, au lendemain de la libération des camps, incrédule, la société n’était pas prête à entendre l’horreur ». Et le Maire d’Hirson de citer Simone Veil.  « On ennuyait » disait, en effet, l’ancienne Déportée, comme si, pour l’opinion, il était impossible de revenir de l’enfer et, donc, impossible, d’expliquer l’horreur.

HIRSON DEPORTATION 2013 JJT

Pour l’élu, les rescapés « ne pouvaient dire l’indicible. Pourtant, ils croyaient en la France, en ses valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité. Certains furent même trahis, dénoncés et livrés par leurs compatriotes ». Jean-Jacques Thomas invita donc son auditoire à parler parce que, affirma-t-il, « Rien ne serait pire, en effet, que le silence parce, demain, il justifiera l’ignorance. L’ignorance de celles et ceux – trop nombreux – qui à la libération des camps expliquèrent qu’ils ne savaient pas. Si les mots ont un sens, ne les galvaudons pas. Le qualificatif de collabos ou de kapos renvoie d’abord à cette période inqualifiable de l’Histoire. Le temps n’y doit rien changer ou alors préparons-nous à fouler au pied nos valeurs et nos idéaux comme furent piétinés leurs corps amaigris et malades ».

HIRSON DEPORTATION 2013 récitation de poèmes

Après les élèves du lycée Joliot-Curie qui récitèrent trois poèmes, l’élu le répéta « il nous faut parler, car se taire, c’est accepter. Il faut parler pour ne pas oublier que le 19 mars 2012, voici juste un an, à Toulouse, en France, d’autres enfants furent assassinés pour la même raison que ceux du Vel d'Hiv : parce qu'ils étaient juifs ». De conclure : « Rien ne serait pire, en effet, comme l’honneur d’une nation, que la mémoire perdue ».