1917 2017 CENTENAIRE conférence Guy Marival salle profil

Elle fut d’abord de Lorette et de Verdun avant d’être de Craonne. La chanson emblématique de la Première guerre mondiale n’a pas fini de livrer ses secrets. Entourée de nombre d’idées reçues, elle n’est, déjà, pas née durant les mutineries de 1917. Elle ne fut pas recueillie sur le front par Paul Vaillant-Couturier, ni interdite jusqu’en 1974. Hier, Guy Marival livra au public hirsonnais, outre la première monographie de « ce cri d’humanité qui traversa le siècle », ses évolutions et ses multiples versions. Trente et une jusqu’à présent. 

CHANSON DE CRAONNE partition

Au printemps 1917, le nom de Craonne, explique l’auteur, fait son apparition dans une chanson à quatre couplets qui se chantait depuis des mois sur l’air de « Bonsoir m’amour », un succès de 1911, sur une musique d’Adelmar Sablon, le père de Jean. Parmi les différentes transcriptions, Guy Marival évoqua le texte retrouvé sur un soldat français fait prisonnier près de Braye-en-Laonnois, publié par les Allemands le 24 juin 1917 dans « La Gazette des Ardennes », un journal édité à Charleville pour les populations occupées du Nord de la France. Les Hirsonnais l’ont sans doute découverte parmi les premiers lecteurs.

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Elle aura finalement traversé le siècle. Pacifiste plus qu’antimilitariste, « La chanson de Craonne » figure dans toutes anthologies, mais également dans les manuels scolaires des élèves de Première. Dans son livre (*) comme lorsqu’il l’évoque, depuis des années, Guy Marival la fait revivre, non sans respect, ni émotion, l’inscrivant au patrimoine national comme Lionel Jospin souhaitait que les mutins réintègrent la mémoire collective. 

(*) « La chanson de Craonne ». Enquête sur une chanson mythique. Editions : Regain de lecture. 18 €.