PRINTEMPS KIT ARMSTRONG 2018 KIT ARMSTRONG DIDIER SANDRE salutImpossible d’imaginer, sauf en jouant les devins, que le second concert du « Printemps musical de Kit Armstrong » correspondrait à la demi-finale de la Coupe du monde. Pire, avec, au programme, un match entre voisins. Qu’importe, le public était au rendez-vous et à 20h30, le dialogue pouvait s’engager entre Didier Sandre, avec la lecture du « Naufragé », de Thomas Bernhard, et le piano de Kit Armstrong avec les « Variations Goldberg ».

D’une phrase à l’autre, d’une nuance musicale à la suivante, écrite initialement pour un clavecin à deux claviers, l’œuvre de Bach souligna les qualités artistiques de Kit Armstrong et son exceptionnelle technicité, ses nombreux croisements de main pour le plus grand plaisir du public, mais, également, de Didier Sandre, dont la main, entre deux lectures, venait effleurer le piano, sans doute pour, mieux, en mieux saisir les vibrations.

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Soutenu par Glenn Gould, à l’origine du suicide de l’un des personnages du « Naufragé », les deux artistes relevèrent admirablement ce défi musico-littéraire. Rien, du reste, ne semblait échapper aux auditeurs, littéralement sous le charme. Jusqu’à 22h55 toutefois. A cette heure précise, les amateurs de football surent qui, de la France ou de la Belgique, l’avait emporté grâce à un autre concert. De klaxons celui-là. II fit naître un bref sourire au coin des lèvres des deux artistes et ne les empêcha pas, imperturbables, de recevoir un tonnerre d’applaudissements doublé d’une très digne standing ovation.