CENTENAIRE 2018 INAUGURATION RUE ALBERT LETORET plaque« Je ne vous connais pas Albert Letoret, pourtant vous m’êtes proche. Je ne vous connais pas, mais les cahiers que vous commencez à noircir dès 1914 nous ont rapproché. Grâce à vous, nous avons mieux compris la réalité de cette longue nuit de l’occupation vécue, ici, à Hirson, par nos aïeux ». Après avoir dévoilé la plaque qui remplace désormais celle de l’ancienne rue Chanzy prolongée, Jean-Jacques Thomas s’est interrogé sur l’action de celui qui, de 1914 à 1916, date de sa déportation en Allemagne pour avoir caché des prisonniers évadés, a géré la ville abandonnée. « Où était-elle la République ? Où était-il le Conseil municipal après l’effondrement de nos certitudes ? demanda-t-il. « Sans doute avez-vous eu à trancher ce cruel dilemme : fuir ou rester, accompagner votre épouse et vos deux enfants ou protéger nos compatriotes restés, ici, à Hirson ? ».

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Des guerres naissent toujours des héros. Ceux des grandes heures magnifiées et ceux, méconnus, d’un quotidien oublié. Au sein de la mission du centenaire présidée par Alain Brunet, la Municipalité hirsonnaise a justement souhaité retrouver des racines pour mieux comprendre comment la boucle du malheur s’est refermée sur les habitants de l’époque, privés de liberté, condamnés à survivre dans le vide, dans le conscient du quotidien et l’inconscient auquel appartenait la libération tant attendue.

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Sans doute Albert Letoret a-t-il rêvé à ses retrouvailles avec Valentine, votre épouse, avec Madeleine et Georges, ses enfants.  Peut-être que la rédaction de ses cahiers dans lesquels il a scrupuleusement consigné ses efforts pour concilier l’inconciliable, les besoins immenses des Hirsonnais face aux maigres moyens dont disposait la Commission municipale, l’ont aidé à combler ce vide qui accentue la douleur ? Albert Letoret était un homme de bien. Encore fallait-il le rappeler. En compagnie de la délégation municipale, Jean-Jacques Thomas l’a répété en dévoilant la plaque qui porte son nom. D’ajouter : « S’il en est un droit que l’on ne peut retirer à personne, c’est bien le droit de devenir meilleur. Avec les habitants de la rue Albert Letoret, je crois que nous le sommes devenus en rendant hommage à un homme qui donna, lui, le meilleur de lui-même ».