19 MARS 2019 HIRSON garde à vous« Si vous passez par-là », aumônier militaire, l’abbé Servais est venu réciter un poème dédiés aux soldats français tombés en Algérie, rappelant ainsi la dimension humaine des tragédies. De 1954 à 1962, le conflit qui oppose la France aux Nationalistes algériens causa la perte de 27 500 militaires français, de 2 788 civils avec 875 disparus. Il convient d’y ajouter 2 273 autres disparus entre le 19 mars et le 31 décembre 1962, dont plus de la moitié sont officiellement décédés. Côté algérien, les pertes sont évaluées à environ 250 000. Plus difficile est à estimer le chiffre des supplétifs musulmans – les « Harkis » - tués après le cessez-le-feu : il varie entre 30 000 et 100 000 personnes.

19 MARS 2019 HIRSON JJT micro« Une certitude, nota Jean-Jacques Thomas, ce bilan est bien celui d’une guerre, et non pas d’événements comme ils furent qualifiés à l’époque ». Cependant, 57 ans plus tard, en rappelant combien il était nécessaire de commémorer un retour à la paix, mais, également, le retour dans ses foyers d’une génération de jeunes soldats, « comment aujourd’hui, demanda le Maire d’Hirson, parler de l’Algérie sans évoquer le printemps arabe, de la décision d’Abdelaziz Bouteflika de ne pas briguer un cinquième mandat ou de s’interroger sur la place de l’armée dans le futur processus démocratique ? ».

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Influencée par une Histoire commune, les rapports franco – algériens demeurent complexes, aujourd’hui encore, parfois même douloureux. « Ils sont nourris par l’Histoire, constata Jean-Jacques Thomas, mais, ils auront toujours besoin d’une mémoire débarrassée des scories partisanes, d’une parole libérée afin de porter un regard objectif et, surtout, apaisé sur la guerre passée. En France bien sûr, mais, également en Algérie ».