DE L’AUTODÉRISION À L’ÉMOTION, DU RIRE AUX LARMES.
Il est peut-être tombé du ciel mais pas de la dernière pluie. L’ancien steward a quitté son costume d’hôtesse de l’air pour enfiler les habits de comique authentique. Comme à Beaufort, son village natal, on ne respecte pas seulement les gens, on les aime. Sa mère le lui a appris. De son homosexualité, il en joue, en surjoue même, pour déclencher le rire et la complicité. Sans vulgarité. Sur un ciel étoilé, là encore, chanson préférée de sa mère, il reprend Bourvil pour réclamer des torrents de tendresse pour que règne l’amour.
Dans une salle Carpentier à nouveau comble pour ce deuxième jour des Transfrontalières, l’artiste aime partager ses confidences, les plus drôles comme les plus intimes. « Pas facile de faire son coming-out à Avesnes ». Heureux en tout cas d’être là, presque chez lui. Entre superstitions et fantasmes, de sa vie d’avant à celle d’aujourd’hui, il a certes attrapé quelques rides mais pas la grosse tête.
La proximité aide à conserver l’authenticité. Après 15 732 heures de vol, il est, sans doute, bon de rester les pieds sur terre. Le public hirsonnais ne s’y est d’ailleurs pas trompé. Debout, sa standing ovation prouve que l’autodérision n’empêche nullement l’émotion. « Avec la tendresse, tous nos chagrins s’effacent. On a les larmes aux yeux ». Dans la salle, il y eu quelques yeux embués.