20 mai 2006
ST-MICHEL, CEUX DE MAI 40 : TOMBES AU CHAMP D'HONNEUR EN MEME TEMPS QUE DANS L'OUBLI !
A plusieurs occasions, nous avons, collectivement et individuellement, exprimé notre souci d’assumer toute l’histoire de notre département et d’affirmer le rôle primordial de la mémoire pour créer une meilleure cohésion entre les habitants de l’Aisne, ce qu’on appelle du « lien social ».
Une association comme celle du « Souvenir de mai 40 », riche de ses membres et forte de son originalité, contribue, elle aussi, à développer ce lien avec le passé qui fortifie la démocratie citoyenne.
Pourtant, face à la multiplication des commémorations, le 14 mai, devant le monument érigé sur la terre ensanglantée de l’ossuaire d’Effry, je m’étais interrogé de savoir s’il faut vraiment vivre avec ce miroir que nous tend jour après jour le passé ?
Aujourd’hui, la cérémonie qui nous réunit ici à Saint-Michel nous renvoie à des événements vieux de 66 ans!
Aurions-nous donc à ce point la mémoire courte pour avoir besoin de ces rappels historiques incessants ?
Sans doute !
Les sociétés humaines, pas plus que les individus, ne peuvent vivre sans mémoire. Ce qui s’est passé ici même, à la lisière de la forêt, ce n’est pas seulement de l’histoire ancienne !
De même que nous entretenons les blockhaus d’une ligne que l’Etat-major de l’époque estimait infranchissable, nous devons entretenir le souvenir de ce qui s’est passé ici.
Sans doute les 24 soldats tombés, à nos pieds, ici même, en mai 1940, ne se sont pas rendu compte qu’ils vivaient une expérience historique particulière.
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