26 mai 2006
DES AILES DU CORBEAU A CELLES D'E.A.D.S.
L’actualité offre parfois de curieux raccourcis. Alors que le corbeau de l’affaire Clearstream s’est finalement fait couper les ailes et que le Premier Ministre pensait avoir trouvé un peu de répit, voilà que la SOGERMA replace les mêmes acteurs sur le devant de la scène.
Porteuse d’airbus et fleuron de l’aéronautique, E.A.D.S. emploie (employait !) en effet Jean-Louis Gergorin, le fameux « messager » qui a transmis les non moins fameux listings bidonnés. Et la SOGERMA n’est rien d’autre qu’une filiale … d’E.A.D.S.
Et cette fois, les dommages co-latéraux sont autrement plus dramatiques puisque le leader mondial dans le domaine de l’espace et de la défense a purement et simplement décidé de fermer son site industriel de Mérignac. Avec, à la clef, un millier d’emplois supprimés sans compter les sous-traitants.
Affaire économique ? Crise conjoncturelle ? Peut-être, si la fermeture programmée de la SOGERMA n’était pas d’abord le résultat d’une volonté arrêtée de longue date et dans laquelle le Gouvernement porte une réelle part de responsabilité tant en sa qualité d’actionnaire que de donneur d’ordre.
En effet, la stratégie d’E.A.D.S. s’est d’abord traduite par une délocalisation de la maintenance civile dans les pays à bas coût de main d’œuvre puis par la perte (organisée et progressive) des marchés et des contrats que la compétence (reconnue) de l’entreprise lui avait valus.
Pour tout arranger, le Gouvernement a laissé filer les déficits avec, cette fois, la perte de la maintenance des avions militaires C 130. Quoi d’étonnant dans ces conditions que cette spirale conduise à la disparition pure et simple de la SOGERMA ?
Dominique de Villepin a donc beau jeu de rencontrer salariés et syndicats puis de feindre de s’étonner d’une situation qu’il a lui-même contribué à créer.
Tout aussi cynique, le co-président d’E.A.D.S. n’hésite pas, quant à lui, à qualifier de « singes » les élus venus soutenir les ouvriers…
Il en est dans cette affaire comme dans sa manière de conduire celles de la France : le Gouvernement ne parvient plus à décoller, ni à maintenir un quelconque cap.
Comme un avion sans aile …
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