
Toutes les guerres sont liées à des noms de batailles. Celle de 14-18 est viscéralement associée à Verdun, à la Marne et au Chemin des Dames. L’Indochine restera marquée par Diên Biên Phu.
Justement, voici cinquante-deux ans, le 7 mai 1954, dans l'après-midi, un silence impressionnant descend sur Diên Biên Phu.
Les combats furieux qui s'étaient poursuivis toute la nuit sur ces pitons qui portaient de gracieux noms de femmes s'arrêtent. La bataille terrible qui se poursuit depuis cinquante-six jours s'achève.
Le camp retranché de Diên Biên Phu tombe, sans capituler.
Ainsi, pour les soldats du Corps expéditionnaire français s’achève une lutte inégale. Pour nombre d’entre eux, la guerre n’est cependant pas terminée.
Certains périront sur les pistes. D’autres dans l’horreur des camps. 40 000 prisonniers furent dénombrés en Indochine. Les trois-quarts n'en revinrent pas.

Diên Biên Phu demeure la plus célèbre bataille de la guerre d’Indochine. Pourtant, depuis sept ans que durait cette guerre, il y eu d’autres batailles, d’autres accrochages, d’autres embuscades.
C'était il y a plus d’un demi-siècle au cours d'une guerre forcément cruelle, lointaine et incomprise des Français.
Ainsi, il y a plus d’un demi-siècle, à des milliers de kilomètres de leur patrie, dans des vallées oubliées du Haut-Tonkin, des hommes sont morts. Entre 1945 et 1954, 100 000 soldats de l'Union française tombèrent.
Ils étaient de France bien sûr. Mais là encore, leurs frères d'armes étaient originaires de la métropole, mais également du Maghreb, de l'Afrique, du Laos, du Cambodge, du Vietnam et de la Légion Etrangère.
Certains s'étaient engagés par idéal. D’autres par goût de l'aventure.
Français par le sol, Français par le cœur, Français par le sang versé : nombreux sont ceux qui eurent trop souvent, trop longtemps, le sentiment d'être des combattants oubliés, des combattants abandonnés.
C'est donc ceux de là-bas. Ceux qui y périrent et ceux qui en revinrent que la République honore aujourd'hui.
Vivants ou morts, tous ont aujourd’hui droit à notre reconnaissance.
C’est le caractère qu’aujourd’hui nous donnons à cette cérémonie.