16 avril 2007
DERIVE NATIONALISTE : SARKOZY ATTAQUE L'ALLEMAGNE !
Lors de son discours de Nice, Nicolas Sarkozy se lâche et déclare « Le 22 avril et le 6 mai, (les citoyens) auront à choisir entre ceux qui ne veulent plus entendre parler de la Nation et ceux qui veulent qu'on la respecte. Je veux que l'on respecte la Nation. Je veux dire aux Français qu'ils auront à choisir entre ceux qui aiment la France et ceux qui affichent leur détestation de la France. Français au sang mêlé, qui doit tout à la France, je suis fier d'être Français. Je veux redonner à tous les Français la fierté d'être Français. Je veux leur dire qu'ils auront à choisir entre ceux qui assument toute l'Histoire de France et les adeptes de la repentance qui veulent ressusciter les haines du passé en exigeant des fils qu'ils expient les fautes supposées de leur père et de leurs aïeux ». Plus loin, il répète : « je veux dire aux Français que le 22 avril et le 6 mai, ils auront à choisir entre ceux qui sont attachés à l'identité nationale et qui veulent la défendre et ceux qui pensent que la France a si peu d'existence qu'elle n'a même pas d'identité ».
Jean-Marie Le Pen n'aurait pas dénoncé avec d'autres propos « l'antifrance ». Sur son blog « Coulisses de Bruxelles », Jean Quatremer, de « Libération » estime que « l'équation implicite est bien là : Sarkozy est l'incarnation vivante de la nation française. Il fallait oser : c'est du Napoléon pur jus ».
Nicolas Sarkozy va d'ailleurs plus loin : « Je suis de ceux qui pensent que la France n'a pas à rougir de son histoire. Elle n'a pas commis de génocide. Elle n'a pas inventé la solution finale ».
RESSENTIMENTS ANTI-ALLEMANDS
Pour Jean Quatremer, « là, on atteint l'insupportable. Envoyer à la face des Allemands, en 2007, le génocide des juifs, il faut oser ! Au cas où Sarkozy l'aurait oublié, ce sont nos alliés depuis 60 ans, ceux avec qui, s'il devient hélas Président, il devra travailler à la relance de l'Europe. L'insulte est d'autant plus grave (Allemagne=génocide, France=droits de l'homme) que rarement un peuple a fait un tel travail sur sa propre histoire. La France, qui découvre en 2006 que l'armée qui l'a libéré en 1944 était principalement composée « d'indigènes » n'a vraiment pas de leçons à donner. L'Hexagone est un pays qui refuse de faire face à son histoire, la refoule et invente des souvenirs glorieux ».
Même si les médias français ont, en grande majorité, laissé passer ce (nouveau) dérapage nationaliste, la presse allemande, elle, réagit. Sous le titre « Nicolas Sarkozy est-il germanophobe ? », le magazine eurocitoyen écrit :
« Dans le discours d'adieux de Chirac, il y avait, malgré un patriotisme bien marqué, une référence forte au sens de l'intégration européenne. Sarkozy, à l'opposé, non seulement n'évoque aucun mot à propos de l'Union Européenne, mais il ravive des ressentiments anti-allemands : « Car la France n'a jamais cédé à la tentation totalitaire. Elle n'a jamais exterminé un peuple. Elle n'a pas inventé la solution finale, elle n'a pas commis de crime contre l'humanité, ni de génocide.. »
Comment Sarkozy, futur président, qui attaque les allemands si explicitement, pourrait-il continuer à faire tourner le moteur franco-allemand ? Devons nous nous attendre à ce que, dans le cas d'une présidence Sarkozy, l'amitié franco-allemande tombe au point mort ? »
« Net Tribune », media en ligne allemand titre, quant à lui, « Sarkozy se met hors-jeu avec ses allusions au national-socialisme ».
Enfin, la récidive de Sarkozy dans son interview à « Philosophies Magazine » a amené la grande presse à traiter le sujet, ainsi le « Frankfurter Allgemeine Zeitung » du 12 avril consacre un article à la question sous le titre « Sarkozy greift Deutschland an » : « Sarkozy attaque l'Allemagne ».
« RENVOYER CE PARTENAIRE HISTORIQUE A AUSCHWITZ ».
Sur « Libéblog », Daniel Schneiderman s'interroge de savoir pourquoi « est surtout de savoir pourquoi aucun journal, aucune chaîne de télévision n'a fait écho à cette démonstration d'irresponsabilité de Sarkozy, alors que le piégeage de Ségolène Royal par un humoriste, à propos de la souveraineté québécoise, avait eu droit à de longs développements voici quelques semaines ».
Il ajoute : « Ces phrases ne sont pas seulement insultantes pour les Allemands d'aujourd'hui, et ceux d'hier, qui ont accompli un travail de mémoire tel qu'aucun autre peuple n'en a accompli. Elles sont surtout irresponsables. Sarkozy aspire à devenir Président. Et la parole du Président, c'est la parole de la France. La parole de la France à l'Allemagne, entre 2007 et 2012, consistera-t-elle à renvoyer le partenaire historique à Auschwitz ? Comment imaginer qu'un incendiaire ayant en tête ce genre de réminiscences puisse aller négocier avec la chancelière allemande, sans tabous ni arrière-pensées, avec la sérénité qui sied à deux partenaires quotidiens, par exemple sur la répartition des suppressions de postes à Airbus ? ».
Jean-Marie Le Pen n'aurait pas dénoncé avec d'autres propos « l'antifrance ». Sur son blog « Coulisses de Bruxelles », Jean Quatremer, de « Libération » estime que « l'équation implicite est bien là : Sarkozy est l'incarnation vivante de la nation française. Il fallait oser : c'est du Napoléon pur jus ».
Nicolas Sarkozy va d'ailleurs plus loin : « Je suis de ceux qui pensent que la France n'a pas à rougir de son histoire. Elle n'a pas commis de génocide. Elle n'a pas inventé la solution finale ».
RESSENTIMENTS ANTI-ALLEMANDS
Pour Jean Quatremer, « là, on atteint l'insupportable. Envoyer à la face des Allemands, en 2007, le génocide des juifs, il faut oser ! Au cas où Sarkozy l'aurait oublié, ce sont nos alliés depuis 60 ans, ceux avec qui, s'il devient hélas Président, il devra travailler à la relance de l'Europe. L'insulte est d'autant plus grave (Allemagne=génocide, France=droits de l'homme) que rarement un peuple a fait un tel travail sur sa propre histoire. La France, qui découvre en 2006 que l'armée qui l'a libéré en 1944 était principalement composée « d'indigènes » n'a vraiment pas de leçons à donner. L'Hexagone est un pays qui refuse de faire face à son histoire, la refoule et invente des souvenirs glorieux ».
Même si les médias français ont, en grande majorité, laissé passer ce (nouveau) dérapage nationaliste, la presse allemande, elle, réagit. Sous le titre « Nicolas Sarkozy est-il germanophobe ? », le magazine eurocitoyen écrit :
« Dans le discours d'adieux de Chirac, il y avait, malgré un patriotisme bien marqué, une référence forte au sens de l'intégration européenne. Sarkozy, à l'opposé, non seulement n'évoque aucun mot à propos de l'Union Européenne, mais il ravive des ressentiments anti-allemands : « Car la France n'a jamais cédé à la tentation totalitaire. Elle n'a jamais exterminé un peuple. Elle n'a pas inventé la solution finale, elle n'a pas commis de crime contre l'humanité, ni de génocide.. »
Comment Sarkozy, futur président, qui attaque les allemands si explicitement, pourrait-il continuer à faire tourner le moteur franco-allemand ? Devons nous nous attendre à ce que, dans le cas d'une présidence Sarkozy, l'amitié franco-allemande tombe au point mort ? »
« Net Tribune », media en ligne allemand titre, quant à lui, « Sarkozy se met hors-jeu avec ses allusions au national-socialisme ».
Enfin, la récidive de Sarkozy dans son interview à « Philosophies Magazine » a amené la grande presse à traiter le sujet, ainsi le « Frankfurter Allgemeine Zeitung » du 12 avril consacre un article à la question sous le titre « Sarkozy greift Deutschland an » : « Sarkozy attaque l'Allemagne ».
« RENVOYER CE PARTENAIRE HISTORIQUE A AUSCHWITZ ».
Sur « Libéblog », Daniel Schneiderman s'interroge de savoir pourquoi « est surtout de savoir pourquoi aucun journal, aucune chaîne de télévision n'a fait écho à cette démonstration d'irresponsabilité de Sarkozy, alors que le piégeage de Ségolène Royal par un humoriste, à propos de la souveraineté québécoise, avait eu droit à de longs développements voici quelques semaines ».
Il ajoute : « Ces phrases ne sont pas seulement insultantes pour les Allemands d'aujourd'hui, et ceux d'hier, qui ont accompli un travail de mémoire tel qu'aucun autre peuple n'en a accompli. Elles sont surtout irresponsables. Sarkozy aspire à devenir Président. Et la parole du Président, c'est la parole de la France. La parole de la France à l'Allemagne, entre 2007 et 2012, consistera-t-elle à renvoyer le partenaire historique à Auschwitz ? Comment imaginer qu'un incendiaire ayant en tête ce genre de réminiscences puisse aller négocier avec la chancelière allemande, sans tabous ni arrière-pensées, avec la sérénité qui sied à deux partenaires quotidiens, par exemple sur la répartition des suppressions de postes à Airbus ? ».
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