JEAN-JACQUES THOMAS DEVANT LE MONUMENT DE MAI 40 : « PÉTAIN POUVAIT ATTENDRE SON HEURE ET LAVAL LA SIENNE ».

« La mémoire des Hommes retient rarement le détail des batailles perdues. Il est injustice de taire que la bataille de la Somme et de l’Aisne de juin 1940 a été un instant éminent de la conscience nationale. Le début de juin 1940 mérite pourtant une place dans l’histoire des passions françaises ».
En citant Jean-Louis Crémieux-Brilhac et son livre « Les Français de l’An 40 », dans la paisible clairière de l’Etoile à Saint-Michel, Jean-Jacques Thomas est revenu sur cette période de la « Drôle de guerre ». Même si, pour le 1er Vice-Président du Conseil général de l’Aisne, « aucune guerre n’est drôle, d’autant que les anciens combattants de 14-18 avaient à peine quarante-cinq ans en 1940. Alors qu’on leur avait promis « la der des der », ils étaient là, mobilisés, à nouveau ; certains même aux côtés de leur fils ».

Face à une trentaine de porte-drapeaux français et belges, l’élu axonais est revenu sur la défaite de 1940 tout en reconnaissant que par chauvinisme exacerbé, par peur de l’image renvoyée par le miroir de l’Histoire, la France a toujours éprouvé les plus grandes difficultés à faire le deuil de ses guerres. « A l’heure, dit-il, où à Montcornet, sont mises en lumière l’action et la vision du Colonel De Gaulle. Faut-il rappeler de quelle manière elles avaient été considérées par les protagonistes de l’époque qui pensaient être à la tête de « la meilleure armée du monde ? ».
Avant que des enfants ne fleurissent aux côtés des élus la stèle commémorative, Jean-Jacques Thomas demanda également de se souvenir de « ceux qui, hier, préféraient « Hitler au Front populaire ». 
Et de citer, Charles De Gaulle qui, dans ses mémoires, dénonce le Général Weygang, Commandant en Chef des armées « sans jamais avoir commandé au front, plus préoccupé à maintenir « l’ordre intérieur », plutôt que de prévenir les plans d’invasion du dictateur nazi ».
Pour Churchill, « ils ont choisi le déshonneur pour éviter la guerre. Ils auront le déshonneur et la guerre ».Et l’orateur de souligner comment « Weygang donna alors libre cours à ses sentiments anti-républicains tandis que revenu de Madrid, Pétain attend son heure et Laval, la sienne ! ».
Pour Jean-Jacques Thomas, « cette Histoire est la nôtre. Voilà pourquoi, il faut l’assumer, mais en connaissance. Voilà aussi pourquoi, la démocratie a sans cesse besoin d’être éclairée. Ici, une fois l’an, l’association du « Souvenir de mai 40 » y contribue, simplement en faisant entendre la voix de vingt-quatre combattants tombés sous nos pieds puis dans l’oubli ».
« Une voix qui, selon lui, nous dit qu’ils ont fait ce qu’ils avaient à faire. Une voix qui nous rappelle qu’ils n’ont pas choisi leur sépulture. Une voix qui nous redit combien la paix est belle. Une voix qu’il nous faut savoir entendre et écouter ».