CHANTIER D’INSERTION DE L’ABBAYE DE SAINT-MICHEL : LE CAHIER DES CHARGES DE L’HISTOIRE.

Répartis en deux équipes, ils sont douze à travailler - dont une femme - sur l’un des chantiers d’insertion les plus spectaculaires du Pays des Trois-Rivières : celui de l’Abbaye de Saint-Michel. Outre son caractère prestigieux, il se distingue par ses exigences. Il ne suffit pas, en effet, de remonter des bâtiments, le cahier des charges impose de strictes obligations liées aux matériaux et aux techniques employées. Architecte des monuments historiques oblige !

Quant aux travaux, sous la direction de Philippe Borgnet, ils portent principalement sur le mur d’enceinte. Non seulement, ils n’avaient pas bénéficié d’un entretien régulier, mais une partie s’était déjà effondrée. Certains contreforts n’existaient plus et ont donc été reconstruits avec une contrainte supplémentaire : l’avis donc des monuments historiques.
Jusque dans les détails. Si la chaux constitue la base de la réhabilitation, le ciment, lui, n’est toléré que pour 20%. Même chose pour les joints dont la couleur n’est toujours pas arrêtée, ni l’épaisseur. Bref, il ne suffit pas aux ouvriers, ni à leur encadrant d’assurer la bonne marche du chantier, tous doivent répondrent au cahier des charges de l’Histoire.

Ainsi, lorsque l’équipe découvre un four à pain construit sur l’extérieur du bâtiment, il doit être réhabilité avec les pierres trouvées sur place. Même chose pour le cellier en grande partie envahi par la terre. Dégagé, son plafond en briques est aujourd’hui conforté et l’ensemble consolidé par les ouvriers, allocataires du RSA.

Au-delà du travail manuel – et c’est là l’essentiel – le groupe bénéficie également d’une formation individuelle et adaptée ainsi que de périodes en entreprises. Bref, comme pour le chantier du Centre Education Jeunesse, d’Hirson, le Conseil général et la commune entendent faire, autant que possible, du « sur mesure ». Comme pour les pierres taillées.