CONSEIL INTERCOMMUNAL DE PRÉVENTION DE LA DÉLINQUANCE : LA VEILLE ÉDUCATIVE UNE PRIORITÉ, MAIS PAS LA PANACÉE.

Au regard des statistiques présentées par le Capitaine Vérove, entre 2005 et 2009, l’ensemble des crimes et délits constatés sur le Pays des Trois-Rivières ont notablement diminué, passant de 954 à 822 avec une pointe à 1045 en 2006. Cependant, les mineurs mis en cause sont de plus en plus nombreux, « un phénomène lié, selon les responsables du Conseil intercommunal de prévention de la délinquance réunis en séance plénière à la Maison de la Petite Enfance, à un désengagement des parents. »
Toutefois, le phénomène doit être apprécié à sa juste valeur. En effet, si la délinquance a progressé l’an dernier, passant de 275 faits à 309; en 2006, 454 actes délictueux avaient été constatés. Depuis cette date, ils n’ont cessé de diminuer.

Bien évidemment, la question posée vise à identifier les solutions à mettre en œuvre. « Aucune institution ne peut, en effet, travailler seule sur un phénomène de société », avance l’un des participants « et si la cellule de veille éducative proposée par le CISPD peut constituer un outil adapté », « les élus et les maires, malgré la loi de 2007, ne peuvent pas tout et certainement pas, expliqua Jean-Jacques Thomas, aller dans les foyers chercher par la main les enfants qui refusent d’aller en classe ».

Pour le Président du CISPD, « c’est d’abord l’affaire des parents ». La Principale du collège Savart, de Saint-Michel, Maryse Lagache, a d’ailleurs dénoncé « les parents qui ne répondent pas aux sollicitations ». Quant à l’absentéisme « 8 à 9 % à Hirson, selon Jean-Marc Prince, le Principal du collège Cobast, il est, selon lui, à prendre en compte dans le cadre de l’accompagnement à la scolarité mis en œuvre dans l’établissement hirsonnais avec le soutien de l’assistante sociale.

Quant à la création, voulue par l’Etat, d’un « Conseil des droits et des devoirs des familles », Bernard Vilain souligne qu’en France, seule trente-sept structures de ce genre ont vu le jour. « Sans doute, expliqua-t-il, parce que cet outil fait double emploi et brouille les pistes avec les missions du Conseil général ». Directeur de la CIPAS, Rémy Dubos ne fut pas sans rappeler « que les informations sur les mineurs qui posent problèmes remontent déjà au Département ».
Lors de la réunio n préparatoire, Procureur de la République, Olivier Hussenet nota que « les problèmes rencontrés sont d'abord la résultante de la pauvreté », « mais, qu’il n’y a pas autant de délinquance qu’on pourrait croire ». Un constat qu’il estime lié à « la volonté locale de travailler en réseau et en partenariat ». Ce n’est pas là le moindre mérite du CISPD dont le programme 2010 fut, du reste, validé.