LES DANGERS DE LA COURSE A L’ÉCHALOTE.
Les crises financières, économiques et donc sociales se prolongent toujours par une crise politique. La France pas plus que les autres nations n'y échappe pas et les discours n’y changeront rien. Dans le meilleur des cas, la rue traduit dans les urnes son ras-le-bol et ses inquiétudes, dans le pire, elle se tourne vers les extrêmes. Lorsqu’un Gouvernement stigmatise à tout va, quoi de plus naturel, en effet, que l’Extrême Droite lui emboîte le pas sur le thème ancestral de « tous pourris ». Avec l’abstention, le danger des Cantonales est bien là.
Qu’importent ses candidats, leur ancrage local ou non, leur implication dans la vie quotidienne, comme l’opinion publique, le Front National excelle à désigner ses coupables. Celui qui empêche le fils de trouver un emploi, grève les déficits ou fait tomber la neige en abondance. Qu’importe le programme, l’essentiel réside dans la politique du bouc émissaire.
Et l’UMP a bien tort de privilégier la course à l’échalote sur sa Droite, notamment en matière d'immigration et de sécurité, là où, justement, l’ancien Ministre de l’Intérieur, ex-filtré à l’Elysée, paie ses promesses non tenues. Même chose pour un chômage aggravé par une précarité entretenue. Certes, le Chef de l’Etat n’y est pas pour rien, moins cependant que sa politique libérale. La seconde dépend du premier et 2012 donnera l’occasion d’un changement de cap.
AU NOM DE L’AISNE ET DES AXONAIS
Pourtant, l’alternative n’est pas aussi simple. Sinon, pourquoi un nombre croissant de Français, insatisfaits des inégalités se tournent vers une formation qui, paradoxalement, sous couvert de préférence, nationale ou pas, remet en cause les acquis de la République, l’égalité, la fraternité et même la liberté au travers d’un encadrement syndical, de l’interdiction des manifestations d’étudiants ou d’enseignants pendant les heures de cours.
Toutefois, la course à l’échalote prend toute sa signification lorsque le FN, dans ses 71 propositions pour 2012, et l’UMP, dans ses engagements de 2011, se retrouvent pour ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux ou pour privilégier les régimes de retraite complémentaire par capitalisation. Pour les deux partis, l’essentiel est de gagner à Droite. Y compris – même si personne n’est dupe - en se présentant contre un rempart vis-à-vis de l’autre.
Voilà pourquoi, seule la crédibilité à Gauche peut générer l’espérance. Lors des Cantonales des 20 et 27 mars, elle s’appuie sur le bilan du Conseil général, sur sa capacité à moderniser l’Aisne, non pas au titre d’une pseudo préférence départementale, mais au nom du service public. Au nom de tous les Axonais. Sans exclusive !