AUBENTON SE SOUVIENT DE MERMOZ, DÉFRICHEUR DU CIEL ET HÉROS PARADOXAL.
La biographie de Jean Mermoz est connue, sa légende également. « Toutes les époques troublées et, en particulier, celle de l’après-guerre, n’échappent pas à la règle, rappelle Jean-Jacques Thomas. Elles ont besoin de s’identifier à des héros pour mieux les magnifier». Et l’aviateur possède toutes les qualités pour incarner, toujours selon le Premier Vice-Président du Conseil général, « une certaine idée de la France ».
Après avoir fleuri le monument aux morts d’Aubenton et la plaque apposée sur la maison où il naquit le 9 décembre 1901, dans la salle de la Mairie, Jean-Jacques Thomas est revenu sur la vie que celui qu’il qualifia après ses traversées Buenos Aires – Rio, de la Cordillère des Andes et de l’Atlantique sans escale, de « défricheur du ciel ».
« Toutes les générations ont besoin de mythes » poursuit-il, sans rien cacher de ses engagements politiques, en citant également Joseph Kessel, l’ami, qui lui a consacré une biographie.
« Archange glorieux, écrit-il, neurasthénique profond, mystique résigné, païen éblouissant, amoureux de la vie, incliné vers la mort, enfant et sage, tout cela était vrai chez Mermoz, mais tout cela était faux si l’on isolait chacun de ces éléments. Car, ils étaient fondus dans une extraordinaire unité ».
Pour Jean-Jacques Thomas, l’enfant d’Aubenton était donc complexe, simplement parce qu’il était humain, capable de repousser toutes les limites. D’ajouter : « il y a du Rastignac, chez lui, chez cet enfant pauvre, désireux de réussir, entraîné dans le maelstrom de ses passions et de ses conquêtes entre ciel et terre ». Bref, « un héros paradoxal », du titre du film que lui a consacré Christian Libes – Mermoz.



