PLACE VICTOR HUGO, LA DURETÉ DU QUOTIDIEN RÉVÉLÉ AUX HIRSONNAIS.
Le manque d’argent est partout plus qu’opprimant à l’échelle nationale pour faire face aux dépenses de guerre et, à l’échelle locale, pour nourrir la population, répondre aux exigences de l’occupant et payer l’impôt allemand. Parmi ces exigences, la désignation d’otages pour garantir l’intégrité des voies de communication, viaducs et ouvrages d’art, continue et s’allonge même dans le temps. Sa durée passe de quinze jours à cinq mois. Parmi les notables hirsonnais, après Ernest Lefaix, Président de la Commission municipale, Albert Letoret figure sur la liste. Comme les autres, il risque la mort en cas d’attentat.
Hier soir, place Victor Hugo, un montage audiovisuel a mêlé les images locales et nationales. Verdun, fut-il rappelé, reste le symbole de la Première Guerre. Cette tragique et catastrophique bataille franco-allemande va marquer les mémoires. Les casques allemands n’ont plus de pointe. Les matières premières, laiton, bronze et cuivre manquent. Côté français, le casque Adrian, parfois également appelé « Bourguignotte » s’est généralisé. Pétain impose par la Voie sacrée un vaste roulement et le renouvellement des troupes. De par sa situation à proximité du front et son réseau ferroviaire, Hirson accueille de nombreux blessés : hôpital, écoles, maisons bourgeoises sont ainsi transformés en lazarets.
Ce qui n’empêche pas l’occupant de fêter de façon assez grandiose et sur la place Victor-Hugo, l’anniversaire du Kaiser Guillaume II. Beaucoup d’Hirsonnaises ont d’ailleurs été réquisitionnées pour fabriquer des fleurs en papier. Face au poids des prélèvements et des réquisitions, la « Maroillaise », race laitière thiérachienne va s’éteindre.


