AVANT-PREMIÈRE AU SONHIR : AU NOM DU PÈRE ET DE LA TERRE.
Voici un demi-siècle, s’il existait une profession où l’horizon professionnel était dégagé, c’était bien dans l’agriculture avec la reprise de l’exploitation familiale. Aujourd’hui, en France, la mortalité par suicide des agriculteurs est de 20 % supérieur à celle de la population générale. Si le sujet reste tabou, projetée à Hirson, l’avant-première du film « Au nom de la terre » permis d’aborder le cas de Pierre, agriculteur heureux avant que les dettes ne s’accumulent et l’utilisation de produits phytosanitaires ne le rattrape.
Édouard Bergeon a construit une saga familiale à partir de sa propre histoire. Le regard ainsi porté touche d’autant plus le spectateur que ce fils de paysan ne renie pas ses racines et que sa fiction puise son inspiration dans le quotidien d’une exploitation dans laquelle nombre d’agriculteurs se sont reconnus avec, au final, une course fatale dans le productivisme.
Ce film coup de poing fait autant référence à la mondialisation qu’aux rapports familiaux conflictuels et le débat naturel qu’il suscita en compagnie de Christophe Rossignon, le producteur originaire d’Ohain, lui aussi, fils et petit-fils d’agriculteur d’agriculteur, témoigne de la qualité et de l’intensité d’une œuvre qui sortira dans les salles en septembre.