AVEC 866 MARTYRS, LE LAZARET D’EFFRY NE SERA JAMAIS UN DÉTAIL DE L’HISTOIRE.
Voici 105 ans, à Effry, s’ouvrait le mouroir installé dans l’usine du village, là où le lazaret de la Vlle armée impériale prussienne n’avait d’hôpital que la couverture. Après son transfert à Trélon, ses survivants pesaient entre 30 et 35 kilos. Déjà marqués d’un matricule et considérés comme des sous-hommes, « ces brassards rouges, ces bagnards hagards, expliqua Jean-Jacques Thomas, sont, ici, sous nos pieds, fantômes d’un autre âge, squelettes, un moment oubliés ».
C’est justement pour ne pas oublier que, cette année sous la présidence de Benoît Ready, Sous-Préfet de Vervins, comme à chaque 14 mai, date de l’inauguration du monument rénové et de la cérémonie placée sous le patronage de François Mitterrand, que Pierre Delabre, Président du Comité de la mémoire, convie les autorités locales à se recueillir et à fleurir la stèle sur laquelle sont gravés le nom des victimes du docteur Michelsohn.
Tortionnaire zélé au service d’une doctrine qui donnera naissance au nazisme, juif, il ne sait pas encore, tragique raccourci, qu’il finira, lui aussi, broyé par cette idéologie qui le conduira dans les fours crématoires d’Auschwitz. Effry n’est pas, non plus, un détail de l’Histoire.

