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L'histoire offre des raccourcis parfois saisissants. Ainsi, lorsque Raymond Fischer et Konstantin Hank décident en 1958 de sceller un jumelage, ils ignorent qu'un demi-siècle plus tard, un citoyen de Schramberg, Günter Rathgeb allait retrouver la trace de son grand-oncle Hermann Rieger, soldat allemand, inhumé en 1918 à … Hirson.

Dimanche soir, dans le cadre des cérémonies marquant la libération du Canton, sous les rafales de pluie, touchée par l'émotion au même titre que l'auditoire, Claude Lion n'a pu retenir ses larmes en évoquant la mémoire de ce soldat oublié. Hermann Rieger est, en effet, né le 24 avril 1897 à Güglingen dans le Württemberg au nord-est de Schramberg.

Ses parents y exploitent une ferme. Il était l'ainé de quatre enfants. Née en 1900, sa sœur décède quelques jours après la naissance. Son premier frère, grand père de Günter Rathged, vient au monde en 1902. Son deuxième frère naîtra, quant à lui, deux ans plus tard. Après l'école, il travaille naturellement dans la ferme familiale. Au début de la première guerre mondiale, son père est enrôlé dans l'armée. Il est affecté en Alsace et il décède au combat le 4 décembre 1914 à Hirtzbach.
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Hermann Rieger devient donc soutien de famille et doit remplacer son père pour le travail à la ferme. Cependant, le 25 avril 1916, il est enrôlé dans l'armée. Il fait d'abord ses classes dans une caserne de Heilbronn et part le 30 novembre 1916 pour une formation complémentaire quelque part en Belgique ou dans le nord de la France.

Le 5 avril 1917 il est incorporé dans la 10e compagnie du 125e régiment d'infanterie avec lequel il participe aux opérations militaires d'avril à juin 1917 à Arras ; d'août à septembre 1917 à Langemarck et à Ypres en Belgique. De septembre 1917 à janvier 1918, sa trace est retrouvée sur le front italo-autrichien puis de février à juin 1918 à Bapaume, Hamelincourt, Miraumont dans la Somme et à Cambrai. En juillet,, il est à Reims puis il poursuit sa route militaire d'août à octobre 1918 sur la Vesle et sur l'Aisne.

Le 3 septembre 1918, Hermann est légèrement blessé à Courcelles sur Vesle mais reste dans sa compagnie. Le 25 octobre, à quelques jours de l'armistice, l'enfant de Schramberg est plus gravement blessé au cou par un éclat de grenade à Pierrepont. Il est soigné dans l'hôpital de campagne numéro 250.

Le jour exact de sa mort n'est pas déterminé. D'après les dires du pasteur allemand qui l'a inhumé, il serait décédé le 3 novembre 1918. Selon les documents militaires officiels, il serait mort le 7 novembre et dans les documents de l'Etat-civil d'Hirson le 6 novembre.
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Dimanche soir, Claude Lion a ainsi évoqué sa vie. Elle a également transmis un message émouvant de Günter Rathgeb. « Il avait 21 ans quand il est décédé écrit le citoyen de Schramberg. Il avait encore toute la vie devant lui. La guerre la lui a prise, à lui comme à des millions de jeunes gens d'Allemagne, de France, de Grande-Bretagne, de Russie et de tous les autres pays qui ont été pris dans la tourmente de cette guerre ».

Claude Lion de poursuivre en allemand « Que leur mort nous serve de leçon, pour que cela ne se reproduise plus jamais. Que grâce à notre souvenir, ils ne tombent jamais dans l'oubli ».

A la lueur des flambeaux, sous le drapeau allemand porté au pied de sa croix de pierre, le recueillement et l'émotion se sont alors rejoints dans un même élan de fraternité universelle.