21 mars 2007
19 MARS 1962 : « UNE DATE LOURDE DE SENS AUTANT QU'UN SENS DONNÉ A UNE DATE ».
Voici plus d'un demi-siècle commençait ce qu'on a d'abord appelé la pacification, puis les événements, enfin pendant longtemps une guerre sans nom avant de devenir la guerre d'Algérie.
Voici cinq ans, la municipalité décidait d'ériger avenue Joffre un monument rendant hommage aux Hirsonnais morts en Afrique du Nord.
Lundi soir, en ce 19 mars, date anniversaire de l'arrêt officiel des combats, élus, corps constitués et représentants d'associations patriotiques se sont retrouvés devant cette stèle pour rendre hommage aux victimes de la guerre d'Algérie,
En effet, c'était également un lundi, à midi, après huit ans d'une guerre qui n'a jamais voulu dire son nom, que cessent officiellement les combats sur le terrain entre les troupes françaises et les combattants de l'armée de libération nationale algérienne.
Cet évènement historique fut accueilli avec soulagement par la très grande majorité des Français.
Pour Jean-Jacques Thomas, le 19 mars demeure donc une date lourde de sens.
« Elle marque, précisa-t-il, la fin officielle de l'engagement de l'armée de la République, ordonnée par les autorités de la République. C'est le Gouvernement de la République qui a pris la responsabilité de tirer les conséquences de l'effondrement, de ce que certains considéraient comme un rêve.
En tout cas, pour tous ceux qui furent brisés, pour les blessés, pour les familles des victimes, cette date est celle du début de l'espoir du retour à la paix ».
Les principales associations d'anciens combattants ont longtemps demandé la commémoration de ce conflit ainsi que des combats au Maroc et en Tunisie, parce qu'elle porte reconnaissance, par la collectivité nationale, des souffrances endurées en son nom.
Dans son allocution, Jean-Jacques Thomas souligna que le monument hirsonnais permet à tous ceux qui ont connu cette période comme à ceux qui n'étaient pas nés, « de rappeler qu'à cette époque d'autres jeunes sont partis, certains sans se poser de question, d'autres la peur au ventre, et que ceux qui sont revenus avaient, pour beaucoup, perdu leur insouciance.
Un grand nombre d'entre eux mirent également beaucoup de temps à retrouver leur équilibre. »
Pour lui, la guerre d'Algérie, période complexe de l'Histoire de France, fut longtemps occultée de l'enseignement, déclenchant même des prises de positions parfois irrationnelles.
De conclure : « l'Histoire a besoin de dates repères. Le 19 mars 1962 en est une. Voilà pourquoi cette date appartient bien à notre Histoire ». Commentaires