10 juin 2009
GUERRE D'INDOCHINE : HOMMAGE AUX SOLDATS TOMBÉS « AU NOM DE LA RÉPUBLIQUE ».
Chaque année, le jour anniversaire de l'inhumation du soldat inconnu d'Indochine à Notre-Dame de Lorette, la Ville d'Hirson rend hommage à l'ensemble de ces quelque 100.000 hommes tombés durant les huit années de la guerre d'Indochine. « Un conflit, selon Jean-Jacques Thomas, difficile, rude, effroyable, souvent mal compris en métropole et qui laissera, à l'image du désastre de Dien Bien Phu, le sentiment de milliers de soldats inutilement sacrifiés ».
Après le traditionnel dépôt de gerbe et le message de Bernard Richet, Président du Comité d'entente patriotique, le Maire d'Hirson rappela comment au lendemain de la la paix mondiale restaurée, l'Histoire aurait alors pu déboucher sur une évolution pacifique. Le bombardement d'Haïphong le 23 novembre 1946 par la Marine française en décida autrement. Les 6 000 victimes feront que les négociations basculeront alors dans la guerre !
Pour Jean-Jacques Thomas, « il en est des batailles comme de certains événements de notre Histoire ; la mémoire collective n'en retient que quelques unes. Pour la guerre d'Indochine, la bataille de Dien Bien Phu, médiatisée, écrase les opérations menées de 1945 à 1954. Avec plus de 20 000 hommes engagés de novembre 1951 à février 1952, Hoa-Binh est de celles-là. Avec le recul, elle marque, en effet, le tournant mal négocié ».
Alors que des gouvernements éphémères se succèdent à Paris, que la diversité des situations et états d'esprit des chefs ne cessent de changer, le conflit réaffirme sa complexité pendant que les combattants français meurent loin de chez eux. « C'est pourquoi, poursuivit le Maire d'Hirson en présence des autorités civiles et militaires, il est aujourd'hui important de rendre hommage aux soldats tombés dans ces combats oubliés, mais également de saluer l'action de Pierre Mendès-France, Président du Conseil, dans les accords de Genève signés en juillet 1954 ».
Pour lui, « il ne faut pas oublier que la France de 1945 pensait sincèrement faire œuvre de civilisation en s'engageant dans ce type de conflit. C'est une certaine idée de la France. Aujourd'hui, l'épreuve délicate, parfois même douloureuse, de la décolonisation s'estompe, permettant, enfin, d'appréhender collectivement notre passé colonial sans arrogance ou culpabilité. »
En dressant un parallèle avec la guerre d'Algérie et certains événements de la Première puis de la seconde guerre mondiale, Jean-Jacques Thomas souligna combien il lui paraissait essentiel « d'honorer la mémoire de l'ensemble des soldats morts loin de la métropole. Au nom de la République. »
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