HIER A CHARLEVILLE, FRANÇOIS HOLLANDE PARTAGE AVEC LE PEUPLE DE GAUCHE SON RÊVE DE VICTOIRE.

(Photos Mathieu Lagasse)
« Voilà le beau rêve que l'on doit faire : être libre, être fier, être digne ». Il est près de 20h. Place Ducale « La Marseillaise » est reprise en chœur. François Hollande vient de partager avec « le peuple de Gauche des Ardennes » le rêve du Forgeron, d’Arthur Rimbaud, le poète de la cité. Accueilli à son arrivée à Charleville-Mézières par le Maire Claudine Ledoux, Jean-Paul Bachy, Président du Conseil Régional, et Jean-Jacques Thomas, Premier Secrétaire fédéral de l’Aisne(notre photo), Arnaud Battefort et plusieurs militants hirsonnais, dont Stéphane Bizeau; le favori des sondages a ensuite donné rendez-vous aux électeurs de France pour « un choix historique (…) attendu depuis si longtemps ».

En référence à 1981, le candidat socialiste rappelle, en effet, qu’à « chaque moment de l'Histoire, une responsabilité est confiée à une génération. C'est maintenant à vous de prendre cette décision » lance-t-il aux quatre mille personnes massées devant le podium et sous un ciel devenu bleu depuis son arrivée. Sur cette terre ouvrière, François Hollande s’adresse également aux électeurs tentés par le FN : « si l'on est Français, fier d'être citoyen, ouvrier conscient de son destin, jeune avec des volontés farouches de défendre ses libertés, on ne vote pas pour l'Extrême Droite, on vote pour la République ».

De même, évoquant la désillusion d’avril 2002, le Député de Corrèze a demandé à son auditoire de ne pas céder aux sirènes des sondages et, au contraire, de faire campagne, de se battre contre l’abstention, de convaincre les indécis. Bref, de ne rien céder tant il est vrai qu’une « victoire électorale se mérite, se conquiert et s'arrache ». Rassurant sur l’unité de la Gauche que la « Droite ne parviendra pas à diviser », il estime, malgré tout, avoir « besoin de toutes les forces vives, de toutes les forces de la France ».

« Le candidat de l’espoir » comme il s’est, lui-même défini égrène alors ses priorités fiscales, sociales et industrielles, mais également politiques, écologiques ou éducatives en faisant appel à François Mitterrand et aux grandes dates de l’histoire de la Gauche pour déboucher sur le 22 avril. « Je suis, réaffirma-t-il en demandant à chacun de lever le doute sur le second tour, le seul capable de battre la Droite et de porter l’espérance de changement (…) sans cependant céder à l’euphorie ». Avant un bain de foule auquel il se prête volontiers, François Hollande lance un dernier appel en demandant à chacun « d’aller jusqu’au bout », mais avec la volonté de « respecter tous les Français, quel que soit leur vote ».