SAINT-ÉLOI A EFFRY : DE L’EAU, DE L’EAU, MAIS BEAUCOUP DE CHEVAUX !

La crue de la Garonne de 1875 est demeurée célèbre. Pas forcément par l’importance de l’inondation et ses dégâts, mais en raison du constat dressé sur place par le Maréchal Mac-Mahon, alors Président de la République. Face au fleuve, il eut cette envolée lyrique : « Que d'eau ! Que d'eau ! ». Dimanche à Effry, la quarantaine de cavaliers présents sur les rives de l’Oise ont sans doute – tout proportion gardée – eut cette même réflexion. Le niveau de la rivière était, en effet, largement supérieur aux années précédentes. Il n’a, cependant pas, empêché les montures de s’engager pour la traditionnelle traversée réalisée après la messe dédiée à Saint Eloi.

Une tradition liée à la décision de Louis XIII d’accorder à Effry le droit de tenir chaque 25 juin un marché franc au cours duquel – paraît-il – l’acquéreur de bétail ne pouvait le payer que la semaine suivante s’il est satisfait. Trois siècles plus tard, la manifestation marchande se double d’une course de chevaux au cours de laquelle les cavaliers doivent franchir l'Oise à gué.

Comme souvent, la fête païenne est reprise par l’Eglise qui fait de Saint Eloi l’un des protagonistes de la légende. L’évêque de Noyon aurait, en effet, indiqué au villageois le passage dans l’Oise en crue pour gagner leurs terres entourées par les eaux. L’Abbé Pol Verschaeren y inclut même le diable pour y faire, au final, triompher la foi. Quoi qu’il en soit, chaque année, à l’issue de la messe célébrée sur la place de la Mairie, les chevaux, petits et grands – et même les tracteurs – sont bénis avant, à plusieurs reprises, de traverser la rivière devant un nombreux public.