PATRIMOINE HIRSONNAIS : IMAGINÉE ET CONSTRUITE PAR AIMÉ BONNA, SAINTE THÉRÈSE NE SERA PAS VENDUE EN KIT.

En quelques secondes, en cette matinée du 23 novembre 2008, rongé et dangereux, haut de quarante-cinq mètres, le campanile de Sainte-Thérèse aura donc vécu. Après l’explosion qui fit basculer le clocher, les engins mécaniques ont patiemment grignoté les trois cents tonnes d’un béton fatigué, victime du temps et de l’érosion. Soixante-dix-sept ans plus tôt, l’édifice avait été consacré sans son mécène, décédé en novembre 1930. Sans Aimé Bonna, en effet, jamais le lieu de culte n’aurait vu le jour.

Inventeur du tuyau en béton armé, cet ancien ingénieur de la Ville de Paris aura bâti sa fortune grâce aux émissaires de toutes tailles qui remplacent la fonte. Entre 1894 et 1924, l’entreprise de ce visionnaire aura fabriqué et posé sur la Capitale près de trois cents kilomètres de canalisations.
Retraité, Aimé Bonna n’oublie ni sa ville natale, ni le béton armé. Il concilie les deux en imaginant et en construisant l’une des toutes premières églises en béton. Débuté le 3 octobre 1929, le chantier s’achève à l’été 1931 lors de la messe de consécration célébrée par l’abbé Maurice Bonna, neveu d’Aimé.

Propriété de l’Evêché et non de la Ville, l’église a cependant mal résisté au temps et comme le diocèse n’a plus les moyens de l’entretenir, elle doit être fermée. La Municipalité l’a certes éclairé lors de la requalification de la place de la République, mais la question de son devenir se pose. Attachée à ce patrimoine, elle devrait approuver dès septembre une reconversion, préparée depuis quelques mois et susceptible d’allier musique, culture et patrimoine.