JEAN-JACQUES THOMAS : « POUR NE JAMAIS OUBLIER COMBIEN, POUR EUX, L’EPREUVE FUT EFFROYABLE ».

« Alors que depuis 2008, Lazare Ponticelli, le dernier Poilu a disparu et qu’il n’existe plus de survivant, nous sommes désormais confrontés à l'appréhension du passé sans l'aide des témoins. Alors que les traces de sang ont disparu en même temps que se sont estompés les cris et les souffrances, la mémoire n’est entretenue que par notre présence et par nos modestes engagements devant les monuments ». Une nouvelle fois, en fleurissant les monuments français, roumain et allemand, Jean-Jacques Thomas a voulu souligner le sens donné à une commémoration qui dans deux ans sera célébrée avec l’éclat donné au siècle écoulé.
En attendant, l’élu voulut lui conserver sa dimension humaine. « Qui se souvient, s’interrogea-t-il, du nom et du visage de ces jeunes hommes fauchés par les balles, éclatés par les obus, de leurs derniers mots, des prières des agonisants, dans la boue et le froid ? Personne. Les corps comme les souffrances sont désormais ensevelis ».

Le Maire d’Hirson regretta donc l’absence des témoignages vivants pour les nouvelles générations et l’obligation de cultiver, au présent, la mémoire avec un recul salutaire. « Comme tout patrimoine, en déduit-il, le patrimoine mémoriel s'entretient. C’est notre rôle. C’est notre devoir ».

De préciser après avoir fleuri le monument aux morts érigé au cimetière : « déjà pour ne jamais oublier combien, pour eux, l’épreuve fut effroyable. Même si elle paraît tellement loin. Un siècle plus tard, dans une Europe en paix, que signifient la défense de la Patrie et l’honneur de la Nation si ces engagements ne sont pas expliqués par le dépassement de soi et le don de sa propre personne. Aujourd’hui, ces valeurs nous rassemblent. Avec d’autres qui se nomment respect, solidarité et fraternité, ces fondations du vivre ensemble ».