BUDGET 2013 DU CONSEIL GÉNÉRAL : 629 MILLIONS, DES QUESTIONS, DES DIVERGENCES ET L’ATTENTE D’UNE VÉRITABLE PÉRÉQUATION.

En une semaine et deux sessions, comme toujours, les chiffres auront finalement eu raison des mots. Par 28 voix contre 14, le budget primitif du Conseil général fut voté. Sans surprise, au demeurant. Du côté gauche, malgré la crise, la volonté réaffirmée de répondre aux attentes des populations départementales, de l’autre, à droite, l’annonce de la fin d’une époque et d’une génération. Une certitude cependant, dans l’Aisne, comme ailleurs, les Conseils généraux sont au carrefour de leur histoire et pas uniquement en raison des prochains redécoupages cantonaux. L’acte III de la décentralisation fixera, en effet, un cadre que chaque assemblée aura à aménager.

Cette semaine, à plusieurs reprises, l’éducation a ouvert plusieurs fronts entre majorité et opposition. Qu’il s’agisse d’un côté de la gratuité des transports scolaires et des emplois d’avenir, de l’autre, la proposition de réduire les moyens dévolus à la modernisation des collèges. De même, Jean-Jacques Thomas défendit-il la réforme des rythmes scolaires combattue par ailleurs. Dans le domaine de la santé, face à un amendement de l’opposition, le Maire d’Hirson prit encore la parole pour défendre une politique certes non obligatoire, mais de plus en plus nécessaire.
Même si la question des compétences facultatives peut se poser, tout comme la répartition des compétences entre collectivités, celle de leur financement avec l’affectation d’un ou plusieurs impôts se posera à court terme. Elle impliquera également une véritable péréquation, seul acte fondateur d’une décentralisation digne de ce nom. Faute de quoi, la répartition des 629 millions votés lundi en fin de journée se révélera, demain, effectivement problématique et, à l’avenir, les 86,5 millions d’investissements, une gageure.

Pour l’heure, les politiques en faveur des personnes âgées (71,6 millions), de l’insertion (76,6 millions), des personnes handicapées (65,7 millions) et de l’enfance (36,7 millions) demeurent tout comme les 21,3 millions d’investissement dégagés en faveur de l’éducation, les 27,5 millions affectés à la voirie, les 8,4 millions consacrés à l’environnement et 11,3 millions destinés aux communes et à l’intercommunalité. Et ce ne sont pas les 0,15 % pour la communication qui modifieront sensiblement les équilibres.