JEAN-JACQUES THOMAS DEVANT LA STÈLE DES ANCIENS D’AFN : « NE RAVIVONS PAS UNE NOUVELLE GUERRE DES MÉMOIRES ».

« Pour les soldats du contingent, le cessez-le-feu en Algérie fut, sans doute, un soulagement avec l’espoir trop longtemps déçu, après avoir vu mourir ses camarades, de retrouver en Métropole, une famille, un père, une mère, une fiancée ou une épouse ». Sous la présidence de Claude Ballade, Sous-Préfet de Vervins, la cérémonie de commémoration du 19 mars organisée à Hirson n’a pas passé sous silence le poids de l’Histoire et le fait que pour certains soldats d’active, le cessez-le-feu fut d’abord un échec militaire. « Cette journée, ajouta même Jean-Jacques Thomas, constitue au mieux une cicatrice, au pire une blessure toujours ouverte ».
« Aujourd’hui, poursuivit le Maire d’Hirson, plus que jamais, il convient donc de penser à tous les combattants, à tous les innocents pour dépasser les querelles stériles, et, dans le respect de toutes les victimes, amener notre communauté à regarder son passé en face ».

Face aux anciens combattants, toutes les composantes de la troisième génération du feu sont d’ailleurs intervenues au micro pour rappeler la nécessité de dépasser les divergences afin de se retrouver sur l’essentiel comme ce fut le cas sur la reconnaissance de la guerre d’Algérie. Une reconnaissance trop tardive selon Jean-Jacques Thomas qui demanda donc à chacun de ne pas « raviver une nouvelle guerre des mémoires ».

Après avoir fleuri la stèle érigée par la Municipalité à la mémoire des Hirsonnais tombés de l’autre côté de la Méditerranée, l’élu « s’inclina devant la douleur de chacun » en rappelant qu’il est indispensable d’assurer la transmission aux nouvelles générations du souvenir de ces années de guerre et de leurs dizaines de milliers de victimes.

Après 30 000 morts, les trois armes, de terre, de l’air et de mer, engagées, 500 000 militaires sur le terrain et deux millions de Français mobilisés, pour Jean-Jacques Thomas, il s’agissait d’une « guerre à laquelle il fallait mettre fin avec, au préalable, un cessez-le-feu signé le 19 mars 1962 ».