GÉNÉRATION 14 : QUAND LES NOTES DE GÉRARD RENCONTRENT CELLES DE FRANÇOIS.
Toute une génération l’a subie et il est rare qu’une commune ne compte pas sur son monument aux morts le nom d’un de ses enfants. Quant à ceux qui sont revenus, une chape de plomb s’est abattue sur ces quatre années de guerre. Difficile pour eux en effet de raconter l’enfer des tranchées alors que la France célèbre la ténacité du Poilu et s’enivre à l’air de la revanche. Beaucoup de soldats ont donc cherché à oublier, remisant les souvenirs, les médailles, les photos et les carnets griffonnés dans les tranchées.
Ses notes, le lettré Gérard Ghesquier les a conservées. Il fallut cependant attendre que son fils retranscrive le carnet qu’il avait demandé, en cas de disparition, de renvoyer à Madeleine, son épouse, 14, place de l’église à Saint André-lez-Lille. Finalement, Gérard le ramènera au terme de cette route qui mène au néant.
L’auteur n’aimait pas la guerre. Son petit-fils, François, non plus. Il a donc choisi la musique pour le dire mais avec les mots de son aïeul, lus ou en voix off. Les deux hommes se comprennent et continuent même de se parler face au soleil rouge et aux tombes blanches, devant les monuments et leur millier de morts en lettres d’or. Sans avoir besoin de se plonger dans les livres d’Histoire du Thiérachien Ernest Lavisse, tous ces mots alignés, à Hirson, François Eberlé n’a pas voulu qu’on les enterre. Face au portrait de Gérard, avec Marie, au violoncelle, et Thomas, à la guitare, il les a fait rimer pour (mieux) toucher les générations 20…14 !


