COMME DES MILLIERS DE CAMARADES, ÉMILE DÉMOBILISÉ ET SURTOUT DÉSENCHANTÉ.
Dans ses champs retournés par des milliers d’obus, face à des paysages a jamais bouleversés, il y a du Noël Genteur dans cet Emile Pannechon. De retour au pays, dans cette zone rouge où la guerre interdit toute activité, le paysan démobilisé autant que désenchanté par la condition humaine cherche dans la terre une ancienne pompe autant qu’une part de lui-même. Lui est revenu des tranchées. Tout comme Gabriel Chevallier, l’un des premiers soldats à parler de sa peur et de son dégoût face à une hiérarchie inhumaine ou, lorsque piétinant les cadavres des camarades tombés à l’assaut, il marche dans la viande.
Dans une adaptation et une mise en scène signée Thierry Jahn, en résidence à Rozoy-sur-Serre, le théâtre de la Bigarrure donna à Hirson l’une des vingt représentations rendues possibles grâce au programme européen Leader. Après les scolaires, en soirée, l’Eden a ainsi servi de cadre à une fresque émouvante, portée par des textes emplis d’humanité et des répliques dans lesquelles l’humour grinçant le dispute à l’émotion et à la légitime révolte d’une génération de sacrifiés.

