« COURAGE AMÉLIE » : LA VIE NE VAUT RIEN, MAIS RIEN NE VAUT LA VIE.
Associer à sa mise en scène sept lycéens constitue une gageure en même temps qu’un pari gagné par Philippe Péroux. Avec seulement deux jours de répétition, il n’était pourtant évident. Cependant, six jeunes filles et un garçon ont relevé ce défi comme le feront leurs collègues de Denain, la semaine prochaine, avant ceux de Chimay, de Couvin et, peut-être, de Fourmies.
Elles se sont ainsi succédées sur scène pour donner un visage à Amélie, confrontée au divorce de ses parents, à des stages qualifiés de « croûtes de boulot », aux CDD « pansements sur la plaie du chômage » puis au licenciement de son compagnon et, plus globalement, à la peur de l’avenir.
Pour autant, tout en voix et en joie (de vivre), Arlequin lui demande de « ne pas écouter les sirènes qui lui disent que c’était mieux avant ». A l’image du père qui au temps du plein emploi espère que ses enfants échapperont à l’usine ou de la femme cantonnée dans sa cuisine et privée de libertés, aujourd’hui, considérées comme fondamentales.
Ces tranches de vie constituent un miroir dont les facettes renvoient aux spectateurs leur propre image dans une société de plus en plus dépressive à la recherche de n’importe quelle boussole. Entre la peur de l’avenir et celle de ne plus avoir d’avenir, le mal être au travail et le malheur de ne pas trouver de travail, les tableaux s’enchaînent comme nombre de galères actuelles. Malgré tout l’humour n’est jamais bien loin lorsque le désespoir semble prendre le dessus. La vie ne vaut rien, mais, pour Arlequin, rien ne vaut la vie !


