DANS LA CATHÉDRALE DE KIT ARMSTRONG, UN DÉCONFINEMENT EN FORME D’ACTE DE FOI ET D’ESPOIR.
Neuf mois sans émotions collectives partagées. Le retour de la Comédie de Picardie était attendu et personne ne fut déçu, ni les artistes, ni le public. Tant il est vrai qu’il existe des moments de grâce durant lesquels le temps semble suspendu, durant lesquels les symboles créent d’intenses bouleversements. Même la lumière du soleil couchant apporta sa touche quasi irréelle à la soirée.
Chez lui, ému, Kit Armstrong s’est, lui aussi, retrouvé dans la vieille Espagne où Justo Gallego, tuberculeux novice, expulsé de son couvent, décide, avec ses seules mains et une foi inébranlable, de construire une cathédrale. L’œuvre d’une vie. A Hirson, Kit Armstrong construit la sienne et lorsque le théâtre remplace les notes, dans un même dialogue, l’horizon s’élargit encore dans cette église devenue centre culturel.
Dans une mise en scène signée Nathalie Grauwin, Xavier de Guillebon, le narrateur, et Stéphane Valensi, le constructeur, ont donné à ces retrouvailles hirsonnaises une belle intensité. A l’image des textes de Mark Greene grâce auxquels chacun comprend qu’il est capable de construire sa cathédrale intérieure, l’épopée de Justo Gallego résonne davantage lorsque le déconfinement s’impose comme un acte de foi et, surtout, d’espoir.