DÉPORTÉS : UNE TRANSMISSION PLUS QUE JAMAIS ASSURÉE.
Le dépôt de gerbes avec deux jeunes enfants du Souvenir français ne doit rien au hasard et s’appuie, au contraire, sur une transmission plus que jamais indispensable. D’ailleurs, à Hirson, chacune des commémorations ne se limite jamais au seul protocole, avec l’intervention de la chorale du Conservatoire, ni aux sonneries de circonstance. Même si la forme cherche à toucher le plus grand nombre, le fond demeure prioritaire.
Après les interventions de Caroline Maâreche-Hermain, de l’UNADIF-FNDIR, devant le costume rayé d’Adolphe Wallez, Déporté revenu, lui, d’Oranienburg, « devant cette relique inestimable, devant ce témoignage incontestable », Jean-Jacques Thomas demanda à l’assistance d’entendre le déporté répéter : « Plus jamais ça ! ».
Cependant, la mémoire demeure plus que friable et lorsqu’un Déporté disparaît, il emporte avec lui sa part de vérité. Le Maire d’Hirson d’en appeler à Maurice Cohidon, Ester Poteau, Jean et René Burlot, Pierre-Louis et Denise Fresnel. « Leurs voix, dit-il, demeurent, toujours perceptibles ». Pier Paolo Pasolini, le poète et cinéaste italien, l’a justement rappelé « ce n’est pas que les morts ne parlent pas, c’est que nous avons perdu l’habitude de les écouter ». Or l’Histoire se nourrit également des cris des déportés, de chair et de sang.