25 août 2008
L'AUTISME AVANT L'AUSTÉRITÉ.
L'autosatisfaction du Gouvernement n'a d'égal que la dégradation de la situation économique. Face au net ralentissement de la croissance et de l'emploi, la Ministre de l'Economie se réjouit, elle, de l'augmentation du nombre d'heures supplémentaires. Chacun se console comme il peut.
Personne ne niera, en effet, l'aubaine pour des entreprises incitées à sous-déclarer le temps de travail de leurs salariés et à payer le complément en heures sup.
De même, nombre d'entre elles ont tout intérêt à recourir à ce dispositif dérogatoire plutôt que d'embaucher. La remontée du chômage confirme du reste ce qui demeure un choix financier opéré au détriment de l'emploi.
Pour preuve, la hausse du volume des heures supplémentaires ne se traduit, ni par une augmentation du nombre total d'heures travaillées, ni par une augmentation du pouvoir d'achat réduit de 0,5% sur la dernière année.
Les déclarations de Christine Lagarde pourraient donc prêter à sourire si, dans le même temps, le bilan gouvernemental, lui, ne se soldait pas par un retentissant échec. Mais là encore, la politique du bouc émissaire est de mise.
Qu'au second trimestre, le Produit Intérieur Brut recule de 0,3 %, que 12 200 emplois aient été détruits et le Gouvernement se défausse sur la conjoncture mondiale et sur l'Union européenne.
C'est oublier un peu vite que les finances françaises sont au plus bas avec, en juin, un déficit de 32,8 milliards d'euros. C'est effacer la même responsabilité dans le déficit record de 24,9 milliards au premier semestre.
Or, avec un art consommé de la négation qui frise l'autisme, François Fillon refuse de prendre la mesure de son échec. Qu'importe les conséquences, les quinze milliards annuels de cadeaux fiscaux accordés aux plus aisés seront reconduits. Même s'ils ne soutiennent en rien la consommation et l'investissement.
Tout aussi grave, la baisse des rentrées fiscales conduira inéluctablement à des modifications budgétaires. Même si le Gouvernement s'obstine à admettre la récession dans laquelle il entraîne la France, il aura demain les plus grandes difficultés à dissimuler l'austérité qui en découle.
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