21 octobre 2009
COMMÉMORATION DE L'INHUMATION DU SOLDAT INCONNU D'AFN : « LA GUERRE, CE N'EST JAMAIS BIEN BEAU ».
Daniel Zimmermann a vécu la guerre d'Algérie, sujet tabou s'il en fut. En 1988, il publie « Nouvelles de la zone interdite ». Dans la préface, il évoque le fait qu'il n'eut pas le bonheur de connaître un grand-père ancien combattant de 14-18, mais un père Résistant. « Et curieusement, écrit-il, mon père était beaucoup moins loquace sur les combats de la Libération auxquels il avait pourtant participé directement. A mes questions : « Combien as-tu tué d'Allemands ? », il ne répondait pas, ou bien il éludait : « La guerre, ce n'est jamais bien beau ».
Quelques années après, poursuit Daniel Zimmermann, je suis parti en Algérie. Sur cette période de ma vie, je suis resté d'une admirable discrétion à l'égard de mes enfants, sans doute pour n'avoir pas à me défendre contre d'autres questions du genre : « Combien as-tu tué d'Algériens ? »
A l'occasion de l'anniversaire de l'inhumation du soldat inconnu à Notre-Dame de Lorette, Jean-Jacques Thomas évoqua donc la mémoire de cet écrivain, soldat de la troisième génération du feu, « celle des djebels, celle qui a gardé le silence, celle qui a honte ».
Disparu en 2000, Daniel Zimmermann s'attaqua aux traumatismes vécus par les anciens d'Algérie. Soucieux d'éclairer ce silence, il précise : « si nous nous sommes peu exprimés sur ce que nous avons vécu, c'est peut-être moins dû au sentiment de notre indignité que, d'une part parce qu'on n'a pas voulu que nous parlions et que, d'autre part, lorsque nous avons essayé de parler, on a étouffé, censuré nos voix ».
« Cette analyse, expliqua à son tour le Maire d'Hirson, nombreux sont les anciens d'Algérie à la partager. Voilà pourquoi, à l'occasion de l'anniversaire de l'inhumation du soldat inconnu à Notre-Dame de Lorette, il nous faut témoigner.
Il fallut, en effet attendre quinze ans après la fin des combats en terre africaine, pour que les Anciens d'AFN sachent officiellement que leurs 28 000 camarades tombés là-bas, étaient « morts pour la France » dans une guerre qui n'avait pas osé dire son nom.
« Oui, affirma encore Jean-Jacques Thomas, le Soldat inconnu des combats d'Afrique du Nord est mort pour la France. Comme pour tous les combattants de toutes les guerres morts pour la liberté et l'honneur de la France, nous sommes aujourd'hui réunis pour porter ce témoignage et le rappeler. Avec solennité et respect !
Commentaires