LA COLLECTION DE JEAN-CLAUDE MAINON RÉVÈLE L’ART POPULAIRE DES TRANCHÉES.
L’artisanat des tranchées fut d’abord l’occasion, souvent à l’arrière, de tuer … le temps. Cependant, la sculpture, le martelage ou le poinçonnage les douilles débuta durant la guerre de 1870 avant d’atteindre son apogée lors de la première guerre mondiale et, même, de se prolonger durant la seconde. Cet art populaire se développa surtout à partir de l’hiver 1914-1915. D’autant plus que la consommation des obus de 75 favorise leur utilisation : 3,75 millions sont tirés lors du seul mois de mars 1916. En fin d’année, plus de 60 millions ont été utilisés.
Cette matière première ne sert, cependant pas, à la seule fabrication de vases. Briquets, boîtes à bijoux, tabatières et plumiers sortent également des tranchées. Au fil du temps, sous l’égide des « Blessés au travail », ces objets sont réalisés par des soldats blessés ou mutilés, mais, également par des prisonniers. L’exposition présentée dans la galerie Gilbert Arduin s’appuie sur la collection de Jean-Claude Mainon, le père de Claude, Président de l’association « Thiérache, histoire vivante ». Décorés de motifs floraux, avec, par exemple, un coquelicot, symbole des soldats du Commonwealth, ou d’esquisses « art nouveau », les vases ainsi présentés proposent une autre regard sur la guerre.

