CENTENAIRE DE LA PREMIÈRE GUERRE, L’APPEL A LA PAIX DE KIT ARMSTRONG ET DU QUATUOR SZYMANOWSKI.
Kit Armstrong l’a souligné : son dernier récital en l’église Sainte Thérèse avait emmené le public dans l’Ukraine du XVIIe siècle où une fanfare pianistique de Janissaires annonçait l’ascension de Mazeppa. Le concert de samedi soir débuta dans la même province. Raccourci de l’Histoire, c’est, en effet, dans cette région qu’est né Leo Ornstein, le compositeur choisi par le jeune pianiste pour ouvrir cette soirée consacrée à la Première guerre mondiale.
Toutes les œuvres interprétées avec le quatuor à cordes Szymanoswki furent du reste liées, à la guerre. « Le suicide en avion » fut, en effet, composé un an seulement avant le début du conflit meurtrier. Il préfigure l’obscurité dans laquelle l’Europe va bientôt plonger. De la « Nocturne et Tarantella », de Karol Szymanowski, écrite en 1915, résonne un passé encore romantique, avant la période noire et agitée qui s’avance.
Quant aux cantates et préludes de Bach, elles proposent une méditation caractéristique sur la mort. La supplication du « Dona nobis pacem » (« Donnez-nous la paix »), de la messe à quatre voix de William Byrd, répond parfaitement au vœu de millions de soldats engagés dans cette guerre et qui, pour beaucoup, s'ajouteront à la longue cohorte sacrifiés. Du reste, les quatre préludes de la seconde partie répondent, eux aussi, à cet appel pacifique tandis que la dernière œuvre de la soirée, le « Quintette pour piano et cordes », écrit par Edward Elgar en 1918 résonne encore des bouleversements et des fracas du conflit. Autant d'œuvres que les cinq musiciens avaient interprétés à Noël dernier à Cologne pour y célébrer l’éphémère, mais ô combien symbolique, rapprochement le soir de la Nativité 1914 entre soldats français, écossais et allemands.


