UNE SCÈNE DÉMÉNAGE UN LIT D’ÉBATS MALHEUREUX.
Le huis-clos présenté à l’Eden concède pour unique décor un gigantesque lit transformé en une piste sur laquelle un couple glisse vers l’abîme conjugal. Jean-Romain Vespirini aurait pu y slalomer entre les répliques brutales parfois vulgaires de deux êtres séparés par trente années de vie commune. La rancœur apparaît comme le seul ciment capable de les retenir.
Pourtant, loin des Bidochon, le jeune metteur en scène profite de ce ring sur lequel le mari et la femme se rendent coup pour coup pour finalement souligner leur humanité et une tendresse révélé par un voisin voyeur et curieux. Derrière l’humour se dissimule l’intimité de Yona et Leviva Popokh, (Emeline Bayard et Olivier Cruvellier). Derrière la scène de ménage, un miroir renvoie le spectateur à des tranches de vie qui l’interpellent tel Gounkel (Jean-Philippe Salério), le dérangeant voisin. La tragédie peut (aussi) être amour et le rire grinçant.

